Harcèlement et racisme: les Russes de Belgique victimes collatérales de l’invasion russe

Harcèlement et racisme: les Russes de Belgique victimes collatérales de l’invasion russe
AFP

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, le conflit fait bon nombre de victimes collatérales parmi la population russe. Pourtant, ce n’est pas le peuple russe qui a choisi d’envahir l’Ukraine. Et certains y sont même farouchement opposés. Néanmoins, des sportifs, musiciens, cinéastes, artistes… sont mis au ban de grands événements internationaux. Mais ces discriminations concernent également des gens ordinaires, en ce compris en Belgique.

« Cette guerre, on ne l’a pas choisie et pourtant on doit en payer les frais au quotidien », déplore Elena, expatriée russe qui travaille en Belgique, auprès de nos confrères de la Dernière Heure. À 29 ans, elle est confrontée à des formes de harcèlement depuis le début du conflit. « De la part de voisins qui ont peur de moi ou m’ont déjà dit de ‘rentrer chez moi avec mes cousins barbares’ mais aussi de collègues au bureau qui sont devenus agressifs et tiennent des remarques déplacées », énumère-t-elle.

« Les gens confondent tout, ils pensent que nous avons voulu la guerre, nous le peuple ukrainien, alors qu’elle n’est le fruit que d’un seul homme ou d’un petit groupe », poursuit Elena. « Ce que je crains le plus, c’est que ça dure encore longtemps et qu’on soit victime de discrimination, je ressens déjà ce rejet envers les Russes ici. On nous prend pour des bêtes sanguinaires, des personnes dénuées de sens alors que ce n’est pas le cas pour la majorité d’entre nous ».

Du harcèlement aussi à l’école

Les Russes de Belgique ne sont pas les seuls à subir discrimination et harcèlement. Au Luxembourg, un lycéen russe est devenu la cible d’insultes d’autres élèves de sa classe. « Des élèves lui disent ‘Sale Russe’, ‘va’t’en de notre pays’, ‘tu n’es pas des nôtres’, ‘tu es un traître’. Et dans les couloirs, ça parle sur son dos, qu’il ne faut pas l’approcher car ‘il est radioactif et il va nous irradier’. Des choses débiles, mais qui peuvent l’atteindre en fait, lui faire mal », déplore son ami Leo, au micro de RTL. Malheureusement, son cas n’est pas le seul cas de harcèlement en raison d’origines russes rapporté dans la presse ces derniers jours.

Outre les discriminations et la violence verbale, certains témoignages récoltés par la DH dénoncent également des agressions physiques subies par certains Russes. Faut-il le rappeler ? Russophone ne veut pas dire russophile, et encore moins soutien à la guerre en Ukraine initiée par Vladimir Poutine.