Condamnée à 6 mois de prison avec sursis pour diffusion de mèmes haineux sur les réseaux sociaux

Condamnée à 6 mois de prison avec sursis pour diffusion de mèmes haineux sur les réseaux sociaux
AFP / K/ Kudryavtsev

La femme poursuivie, connue des services de l’Ocam (Organe de coordination pour l’analyse de la menace), a régulièrement publié ces mèmes sur internet entre mars 2019 et janvier 2020. Elle avait notamment partagé des vidéos des attaques à la mosquée de Christchurch en Nouvelle-Zélande et de personnes de couleur renversées par une voiture, accompagnées des émoticônes «fou rire» en commentaire. Elle affichait également plusieurs symboles néonazis sur ses profils.

Elle a par ailleurs écopé d’une amende de 320 euros.

Propagande d’extrême-droite

Généralement comiques ou ironiques, les mèmes sont aussi détournés par des groupes extrémistes dans un but de propagande, banalisant par exemple le racisme, déplore Unia. L’organisation s’était constituée partie civile dans cette affaire, car elle estime que les faits constituent une incitation à la haine, à la violence et au négationnisme.

«Au sein de l’extrême-droite, un glissement s’est opéré de l’activisme de terrain vers l’activisme en ligne», analyse Patrick Charlier, directeur d’Unia. «Ce dernier constitue une menace aussi importante pour l’ordre public et la cohésion sociale. Des études récentes révèlent en effet que l’activisme virtuel, notamment sur les réseaux sociaux, stimulerait au fil du temps un passage à l’acte, notamment des actes de violence à caractère raciste. Cette condamnation constitue donc un signal fort et un précédent excessivement important qui permet de combler une lacune dans la jurisprudence.»