Après les inondations, plusieurs associations pressent les autorités wallonnes de restaurer la nature

Belga / E. Lalmand
Belga / E. Lalmand - Belga / E. Lalmand

Les trois organisations ont lancé lundi un manifeste intitulé « Pour la nature comme solution climatique ». Celui-ci résume, en dix points, une série de solutions politiques à mettre en œuvre rapidement pour répondre aux défis climatiques.

« La nature offre des solutions, tant à travers ses fonctions de régulation hydrologique que de captation du carbone, et peut être l’épine dorsale d’une réorganisation du territoire wallon, aussi bien en milieu urbain qu’agricole », assurent le WWF Belgique, IEW et Natagora.

Parmi les solutions proposées, les trois organisations plaident pour un « stop au béton ». Elles exhortent les autorités wallonnes à revoir leur stratégie globale en matière de gestion du territoire, tant au niveau des permis de construire ou de rénovation que de désignation des zones à bâtir. « Les zones inondables, notamment, doivent être exclues de toute nouvelle construction », indique Hélène Ancion, experte chez IEW.

Pour limiter les risques climatiques, la gestion de l’agriculture est également primordiale, soulignent les trois associations environnementales. « Haies, mares, arbustes, tous ces éléments du paysage agricole doivent revenir sur les exploitations et jouer leur rôle de régulation de l’érosion et du ruissellement, ainsi que celui de refuge pour la biodiversité. Les prairies, surfaces les plus efficaces qui soient pour absorber l’eau et précieuses réserves de carbone, doivent être protégées ».

Protéger les forêts

Autre point d’attention : les forêts et zones humides, qui disparaissent ou sont dénaturées. « Ce sont pourtant des puits de carbone et d’importants régulateurs des cycles de l’eau. Tourbières, marais, prairies en bord de rivières : les zones humides jouent un rôle d’éponge qui permet de limiter les crues et de stocker de l’eau en période sèche », exposent le WWF Belgique, IEW et Natagora. En Wallonie, 80 % de ces zones ont été drainées ou détruites.

« Les forêts n’ont plus grand-chose de naturel », poursuit Déborah Van Thournout, porte-parole du WWF-Belgique. « Des milliers d’hectares sont plantés d’épicéas, peu résistants aux sécheresses et destructeurs des sols. Avec leurs capacités d’absorption d’eau et de carbone remarquables, les forêts diversifiées doivent retrouver leur place historique au cœur du territoire wallon ».

Les trois organisations environnementales remettront leur manifeste aux autorités wallonnes. Il est ouvert aux signatures sur le site web nonaturenofuture.be