Sorties BD: Madeleine Résistante, La Part merveilleuse et Bob Denard

Sorties BD: Madeleine Résistante, La Part merveilleuse et Bob Denard

« Madeleine, Résistante » de Morvan et Bertail

Née en 1924 et aujourd’hui âgée de 97 ans, Madeleine Riffaud a fait partie de la résistance durant la Deuxième Guerre mondiale. « Je ne suis pas un symbole. Je ne suis pas une femme extraordinaire. Ce que j’ai fait, des centaines d’autres, des milliers dans le monde, l’ont fait. La seule chose extraordinaire dans cette histoire, c’est que je sois encore en vie pour vous la raconter », écrit-elle en préface de l’album. Madeleine Riffaud a accepté de collaborer avec le scénariste JD Morvan et le dessinateur Dominique Bertail pour partager son incroyable histoire au plus grand nombre sous la forme d’une bande dessinée. « La Rose dégoupillée » est le premier acte d’une trilogie. On y découvre l’enfance de Madeleine dans les années 30 et la manière dont elle a vécu le début de la guerre. On perçoit ensuite comment la graine de la résistance a peu à peu germé en elle, notamment lorsqu’elle a été humiliée par les Allemands. La tuberculose l’a ensuite envoyée dans un sanatorium à Grenoble. Elle y rencontra Marcel, un jeune homme qui deviendra son petit ami et qui parviendra à la faire entrer dans la Résistance. À la fois émouvant et passionnant, instructif et indispensable, l’ouvrage se conclut par un excellent making of dans lequel Jean-David et Dominique reviennent sur la genèse de l’album et sur leurs premières rencontres avec Madeleine.

« Madeleine, Résistance – t.1 : La Rose dégoupillée », de Morvan et Bertail, éditions Dupuis/Air Libre, 128 pages, 23,5 €

« La Part merveilleuse » de Ruppert et Mulot

Avec le premier tome de « La Part merveilleuse », la collection « L’avenir s’écrit en images » de Dargaud accueille une nouvelle pépite aux côtés de « L’Humain », « Univers ! » ou encore « Mécanique Celeste ». Ruppert et Mulot plongent le lecteur dans un captivant récit de science-fiction. « La Part merveilleuse » ne se déroule pas dans un futur lointain. L’histoire a lieu de nos jours, dans la société actuelle, à un détail près : des magnifiques structures extraterrestres sont un jour apparues sur Terre. Aucune religion n’a tenté de diaboliser ces créatures inoffensives et d’une incroyable beauté baptisées « Toutes ». À défaut de pouvoir s’en débarrasser, les humains ont tout simplement appris à vivre avec ces nouveaux éléments sur Terre. Jusqu’à présent calmes et douces, elles vont commencer à se montrer plus hostiles. Certaines « Toutes » vont attaquer et infecter certains humains, dont Orsay. En se rendant à Paris pour tenter de se faire soigner, le jeune homme constatera qu’il n’est pas le seul à développer d’étranges pouvoirs. Malgré un dessin un peu en retrait, ce premier tome intitulé « Les mains d’Orsay » est passionnant de bout en bout et brille par un scénario mystérieux, original et diablement prenant. Sortie le 24 septembre 2021.

« La Part merveilleuse – t.1 : Les Mains d’Orsay », de Ruppert et Mulot, éditions Dargaud, 156 pages, 22,5 €

« Bob Denard, le dernier mercenaire » de Jouvray et Cognet

Après avoir mis en lumière des destins méconnus et brillants avec notamment les excellents « Radium Girls » et « Nellie Bly », la collection Karma de Glénat change un peu de registre. Tout d’abord, pour la première fois dans cette nouvelle collection, c’est la vie d’un homme, et non d’une femme, qui est racontée. Cet homme, c’est Bob Denard, l’un des plus célèbres, et le dernier, mercenaire français. Né en 1930, il a toujours voulu une vie riche et palpitante. À 16 ans, à la fin de la guerre, il s’engage dans l’armée. Il rêve de combat mais ne correspond pas au profil type du bon soldat. Il va alors devenir mercenaire. Après avoir fait ses armes en Indochine, il écumera l’Afrique. Attiré par l’argent, les filles et le pouvoir, Bob Denard a tantôt défait des présidents, tantôt servi des dictateurs. À travers l’histoire de ce mercenaire, Olivier Jouvray revient aussi sur la politique française en Afrique et livre des explications détaillées sur les différents conflits abordés. Quant au dessin de Lilas Cognet, il est tout simplement magique. Chaque planche est un œuvre qui fourmille de détails. Au final, Bob Denard n’est pas vraiment le genre de destin qu’on s’attendait à voir dans la collection Karma. Néanmoins, c’est une biographie documentée, instructive, magnifiquement dessinée et qui malgré le contexte, ne manque pas d’humour.

« Bob Denard », de Jouvray et Cognet, éditions Glénat, 144 pages, 22 €