Xavier Degueldre: Une fin de vie luxueuse pour le chariot de supermarché

Xavier Degueldre: Une fin de vie luxueuse pour le chariot de supermarché

Recycler les chariots de supermarché, quelle drôle d'idée !

« J'ai toujours des tas d'idées en tête, c'est devenu une habitude. Un jour, mon fils m'a demandé où allaient les chariots quand ils étaient vieux et l'idée est née. J'ai d'abord créé un modèle pour nous, il était dans mon jardin. Pendant des années nos amis nous disaient que je devrais commercialiser le concept. Puis, je me suis lancé et cela a tout de suite eu beaucoup de succès. »

Vous utilisez toujours de vieux chariots ?

« C'est en grande partie du recyclage mais j'ai comme partenaire le leader mondial des fabricants de chariots de supermarché. Dans leur usine, ils m'ont dédié un atelier pour créer ces fauteuils. On a également créé des outils particuliers. Donc, c'est 100% made in France mais pas toujours 100% recyclé. »

Photo D.R.

Ils sont fait main mais plus par vous alors ?

« Moi j'ai créé les prototypes. Puis, quand j'ai voulu commercialiser, j'ai dû trouver les bons partenaires et la bonne marche à suivre. Vous savez, c'est très compliqué de recréer une idée à grande échelle et j'ai eu une chance inouïe de pouvoir collaborer avec le leader mondial des chariots de supermarché ! »

Vous y trouver du sens ?

« J'ai vraiment comme objectif dans la vie de ne pas faire de mal à la planète. Le recyclage est très intéressant au niveau sens. Même si finalement la plupart de mes modèles sont neufs. C'est tout un symbole, le chariot de supermarché ! D'autant que j'ai toujours voué un culte à Sœur Emmanuelle pour son dévouement envers les enfants du Caire, les chiffonniers comme on les appellent, ceux qui se retrouvent au milieu des détritus. Je donne une partie des bénéfices à l'association ASMAE de Sœur Emmanuelle… Du coup, pour moi, c'est un peu comme si la boucle était bouclée puisque le chariot de supermarché est le symbole de la surconsommation qui amène ces détritus au milieu desquels vivent ces pauvres enfants du Caire. C'est le cœur du projet pour moi de faire du bien à la planète et du bien aux enfants. »

Professionnellement, que vous a apporté ce chariot revisité ?

« Oui, j'ai pas mal de projets plus globaux de décoration d'intérieur de luxe autour du modèle ‘Kart'. C'est le nom que je lui ai donné en référence au ‘shopping cart' comme on l'appelle en anglais. Je vend ce modèle aux quatre coins du monde. J'en vend en Belgique mais aussi au Moyen Orient, en Asie et aux Etats-Unis. Pour des hôtels, des restaurants… Et aussi dans des pays auxquels je n'aurais pas pensé, comme le Liban par exemple, ou la Turquie. »

Vous travaillez sur-mesure pour votre clientèle de luxe ?

« Oui, et tout est possible ! On m'a commandé un modèle recouvert de cristaux Swarowski par exemple ! Je travaille avec des marques hauts de gamme pour les coussins à placer dans les fauteuils, on peut également faire des rideaux assortis… Tout est imaginable. J'ai des modèles continus de plusieurs couleurs dont le gold /noir qui est mon best-seller. Karl Lagerfeld m'en a d'ailleurs pris trois dont le gold/noir et un modèle enfant, pour son chat ! (rire) C'était un de mes touts premiers clients. »

Et les enfants doivent adorer le petit modèle !

« Ils sont comme des fous ! Ils se poussent et se tirent l'un l'autre, ils promènene tleurs doudous dedans… Les roulettes, ça marche toujours avec les enfants ! Et en plus, comme je vous le disais, il n'y a pas plus solide qu'un chariot de supermarché donc ils peuvent le maltraiter ! Ils sont increvables, et c'est d'ailleurs pour cela qu'ils sont faits pour l'intérieur comme pour l'extérieur. »

Et c'est accessible pour Monsieur et madame tout le monde ?

« Cela va de 750 € à 3000 €, ça dépend des modèles et des finitions. »

Qui est Xavier Degueldre? 

Ph. D. R.

Xavier Degueldre travaille d'abord dans les médias. Il crée notamment une chaine de télévision : fashion TV. Après des activités dans l'immobilier, puis la décoration d'intérieur, celui-ci devient designer et invente plusieurs objets et meubles dont le fameux « Kart », vendus aux quatre coins du monde.