Viktor Orban retire ses eurodéputés du groupe PPE

Viktor Orban retire ses eurodéputés du groupe PPE

«Je vous informe que les membres du Fidesz se retirent du groupe PPE» avec «effet immédiat», écrit le dirigeant dans une lettre postée sur Twitter par une de ses ministres, dénonçant une démarche «antidémocratique, injuste et inacceptable». Le courrier est adressé au chef de groupe, l'Allemand Manfred Weber. La modification réglementaire est selon lui «un acte hostile contre le Fidesz et nos électeurs».

Viktor Orban avait déjà dénoncé des dispositions «taillées sur mesure» pour sanctionner les membres du Fidesz, dans une lettre adressée dimanche à Manfred Weber.

Une histoire qui date

Ce départ met fin à un feuilleton de plusieurs années: l'exclusion du Fidesz a été réclamée plusieurs fois au sein du PPE, en raison de ses virulentes prises de position anti-UE et de mesures jugées attentatoires aux droits fondamentaux. Le parti hongrois est déjà suspendu sine die depuis mars 2019 du PPE, première famille politique de l'UE.

Depuis lors, le Fidesz n'a plus le droit de participer aux réunions du PPE, est privé de ses droits de vote et ne peut pas présenter de candidats à des postes en interne. Sa dizaine de députés, douze actuellement selon le site du groupe PPE, fait en revanche toujours partie du groupe parlementaire.

Réactions chez nous

En Belgique, le cdH, le CD&V et le CSP (communauté germanophone) faisaient partie des membres du PPE qui réclamaient une attitude plus ferme à l'égard du Fidesz. «Très bonne nouvelle après huit ans de combat comme président de parti et maintenant comme MEP: le Fidesz quitte le groupe PPE», a tweeté Benoît Lutgen, unique eurodéputé cdH. L'élu du CSP, Pascal Arimont, a lui aussi applaudi la nouvelle via Twitter, soulignant que «Viktor Orban restreint systématiquement la justice et la liberté de la presse en Hongrie. Cela n'était depuis longtemps plus compatible avec la démocratie chrétienne».

Les nouvelles règles internes du groupe parlementaire PPE ont été approuvées par 84,1% des voix, selon le CD&V Tom Vandenkendelaere. Il fallait une majorité des deux tiers pour modifier le règlement interne. Les changements introduits permettent d'exclure du groupe parlementaire un ensemble de ses membres, par vote secret, sur proposition de la présidence ou d'eurodéputés issus d'au moins quatre délégations. Le nouveau règlement propose aussi que dès qu'un parti national est exclu du PPE, le groupe parlementaire puisse se prononcer sur la place des eurodéputés de ce parti en son sein.