Vianney se livre en toute simplicité : « je parle de ce qui me bouleverse dans mes chansons »

Vianney se livre en toute simplicité : « je parle de ce qui me bouleverse dans mes chansons »

incontournable de la chanson française en quelques années seulement. Que cela soit sur les devants de la scène pour sa carrière solo, ou en coulisses pour d'autres artistes, il réussit tout ce qu'il entreprend. Mais de star, Vianney n'a que le statut et reste un jeune homme banal, humble et qu'il est impossible de ne pas apprécier. Avec cet opus, il laisse aux auditeurs la possibilité de rentrer dans sa vie intime, tout en gardant son jardin secret.

D'entrée de jeu, le titre « Merci pour ça », une belle déclaration à votre compagne, donne le ton de l'album. C'est difficile de faire une telle déclaration ?

Vianney : « Non, c'est quelque chose qui vient naturellement chez moi. Je me livre complètement lorsque j'écris de la musique, c'est une façon de dire les choses sans filtres à ma compagne, mais aussi à ma famille et à mes proches de façon générale. Par contre, ce n'est pas quelque chose que je fais durant les interviews ou lors de déclarations publiques parce que j'estime qu'il faut garder un jardin secret. Si on veut avoir un certain équilibre, il faut accepter de conserver un minimum d'intimité, ce qui fait que je suis assez radin à ce niveau-là, désolé (Rires). »

Cet album est résolument tourné vers les autres. On vous sait investi dans les milieux associatifs, c'est quelque chose qui est venu avec la notoriété ?

« Je me suis toujours engagé dans des associations, mais cela relève du privé selon moi donc je me sers assez peu de ma popularité pour mettre cet aspect en lumière. J'étais en fait plus engagé auparavant, lorsque j'étais étudiant. Je passais beaucoup de temps avec des personnes qui vivaient dans la rue. C'était très enrichissant et je joignais l'utile à l'agréable, parce que mon école était à côté de l'endroit où ils vivaient. Du coup, je passais la nuit avec eux et j'enchaînais avec ma journée de cours, donc tout le monde y trouvait son compte ! Plus globalement, je vis pour échanger avec les autres, que cela soit mon public, mes proches ou des inconnus, c'est quelque chose qui m'anime. »

Vous êtes entré dans la vie de Catherine, mais aussi dans celle de sa fille. Cette rencontre vous a-t-elle bouleversé ?

« Complètement, d'ailleurs je parle souvent de ce qui me bouleverse dans mes chansons, donc c'était logique d'écrire ‘Beau-papa'. C'est sûr que l'on ne s'attend pas à éprouver autant d'amour pour un enfant qui n'est pas le sien, mais ça montre bien que la famille recomposée est un modèle qui fonctionne. Pour moi, l'idéal reste toujours d'avoir nos deux parents qui s'aiment et qui nous aiment, mais nous sommes la preuve que d'autres formes de familles existent et peuvent apporter beaucoup. »

« Funambule » sonne comme une autre déclaration, mais à votre instrument cette fois. Pourquoi appeler ce solo de guitare comme cela ?

« Parce que c'est un peu la relation que j'ai avec mon instrument. Je n'ai jamais appris la guitare de façon conventionnelle, j'ai toujours bricolé un petit peu pour jouer, mais c'est vraiment quelque chose qui m'apporte autant, voire plus que le chant. Dans la vie de tous les jours, je passe des heures et des heures à jouer de la guitare donc je trouvais ça normal de livrer cette facette de mon univers musical sur l'album et de me faire plaisir. C'est quelque chose que je n'aurais pas osé avant, mais là je me suis fait plaisir. »

Qui sont « les imbéciles » ?

« C'est moi, c'est vous, c'est toutes les personnes qui ne veulent pas vivre de la même façon que ce qui leur est proposé et qui ne se sentent pas trop en phase avec la société. Je ne comprends pas trop ce monde dans lequel tout nous est amené sans que l'on doive faire le moindre effort. J'ai beaucoup de mal avec la vision d'une société individualiste et égoïste, ça n'est absolument pas ce à quoi j'aspire et ça ne fait pas partie de mes valeurs que l'on m'a apprises. »

Ces valeurs vous viennent notamment de votre grand-père décédé, à qui vous avez dédié le dernier titre de l'album, « Tout nu dans la neige »…

« C'est un hommage que je voulais absolument lui rendre parce qu'il compte beaucoup pour moi. Il m'a avant tout appris l'amour de la transmission et des valeurs simples. C'était un petit commerçant qui avait le goût du travail, qui était discret, humble et attentionné. J'aurais adoré qu'il vive cette aventure avec moi et qu'il puisse me voir à un concert, c'est une des choses que je regrette le plus. »

Cet amour de la transmission, c'est ce qui vous animera en tant que coach de « The Voice » ?

« Oui, c'est vraiment quelque chose qui me motive, le fait de faire des rencontres musicales avec tous ces candidats. Et puis, on ne va pas se mentir, je vais prendre mon pied en participant à cette émission qui est toujours un show incroyable. Mais je pourrais tout à fait envisager de travailler dans le futur avec un de mes talents, parce que je ne mets pas certains noms au-dessus des autres, c'est plus une question de feeling. »

Sébastien Paulus

 

En quelques lignes

Avant d'écouter « N'attendons pas », on pourrait se dire que Vianney va proposer un album de variété française comme les autres. On pourrait également s'agacer de ce cliché du gendre idéal véhiculé par le Français, voire de la naïveté qui émane de son univers musical. Mais onze titres plus tard, force est de constater que la sensibilité mise dans chacun des morceaux nous a embarqués et qu'il a balayé d'un revers de guitare tous les a priori que l'on avait. La sympathie que l'on ressent pour Vianney se transforme en attachement au moment de le rencontrer. On découvre un mec comme les autres, sympa et humble, qui finit de nous convaincre des belles intentions de ce disque. On n'attendait pas « N'attendons pas », et on se retrouve presque idiots d'avoir pu penser que l'on aurait pu ne pas l'apprécier.

Vianney sera en concert à l'Ancienne Belgique le 13 avril prochain et à Forest National

le 3 mars 2022.