Vergers : l'heure de la taille

Vergers : l'heure de la taille

Afin de favoriser la biodiversité dans les vergers, on préconise de conserver les arbres âgés, d'entretenir de manière raisonnée les arbres matures, de replanter de jeunes arbres pour assurer la pérennité du verger et de mettre en place des mesures favorables à la biodiversité dans le verger. On peut ainsi l'entourer de haies, faucher sans excès ou y creuser une mare.

Un des points importants de la gestion est la taille des arbres. Et ça tombe bien, c'est le moment de s'y consacrer, jusque mi-avril, durant la période de repos végétatif. Pour les fruitiers matures bien entretenus, la taille consiste à un élagage tous les 4-5 ans pour supprimer les gourmands, ces pousses vigoureuses qui se développent au détriment des branches environnantes, et les branches mal placées ou abîmées.

Ouvrir et contenir

Si les arbres n'ont plus été entretenus pendant 20, 30 ou 40 ans, ils présentent un port très dense, qui limite l'aération et l'ensoleillement. Pour augmenter la production de fruits, une taille de restauration, pouvant être étalée sur plusieurs années, s'impose. L'objectif étant de remettre en lumière l'arbre, on éliminera prioritairement les branches en surnombre, les gourmands, les branches cassées ou abîmées et les branches qui se développent à l'intérieur de la couronne afin de favoriser son ouverture. On pensera à conserver quelques branches mortes ou creuses bien situées, en raison de leur attractivité pour la faune.

Ph. B. Legrain

Les très vieux fruitiers en fin de parcours constituent des éléments importants pour la biodiversité dans un verger. Le bois mort, les branches creuses et pourries, les boules de gui, les cavités naturelles sont autant de milieux appréciés. Il est important de les conserver sur pied et de les laisser jouer leur rôle écologique même s'ils ne produisent plus de fruits. Ces arbres ne doivent plus être taillés afin de rester attractifs pour les animaux.

Préserver le cycle naturel

La durée de vie d'un fruitier n'excédant pas 80 à 100 ans, il est important de penser à garder un équilibre entre les jeunes arbres (qui remplaceront ceux qui dépérissent), les arbres matures (qui donnent des fruits) et les arbres sénescents (qui ont la plus grande valeur pour la biodiversité). Les jeunes arbres seront plantés à proximité des dépérissant ou morts. Ainsi, le remplacement des vieux arbres par les plus jeunes se fait de manière douce et progressive.

Les arbres morts, à cavités ou sénescents constituent les éléments les plus attractifs pour la biodiversité dans un verger. Leur maintien est donc indispensable. On considère qu'il est intéressant de conserver au minimum 15 à 20% d'arbres à cavités et 5 à 10% d'arbres sénescents ou morts. Pour optimaliser le rôle écologique du bois mort, on peut favoriser le maintien d'arbres morts d'essences variées et les plus gros possibles; conserver les arbres morts sur pied ou au sol; maintenir entiers les troncs abattus et éparpiller les arbres morts sur pied dans le verger.

En réfléchissant ainsi à la gestion de son verger, on crée des milieux propices pour une riche biodiversité. Chouette chevêche, rouge-queue à front blanc, rossignol, fauvettes… apprécient ces milieux. Les mammifères aussi utilisent les vieilles cavités des arbres pour se cacher et se reproduire comme le lérot et certaines chauves-souris. De nombreux animaux dépendent du bois mort pour leur développement. Des abeilles solitaires creusent des galeries dans le tronc tandis que l'abondance des fleurs assure le développement des insectes butineurs.

Pascal Hauteclair

Plus d'infos sur le site du Réseau Nature de Natagora: www.reseau-nature.be