"Usa la razón" dénonce le sexisme des paroles de reggaeton

"Usa la razón" dénonce le sexisme des paroles de reggaeton

Le sexisme est partout, y compris dans la musique. Il est particulièrement présent dans les paroles du reggaeton, un genre très populaire en Amérique Latine. Pour dénoncer ces textes qui dénigrent les femmes, John Fredy Melo et Alejandra Hernández, deux étudiants colombiens, ont lancé avec la photographe Lineyl Ibañe le projet "Usa la razón, que la música no degrade tu condicion" ("utilise ta raison pour que la musique ne dégrade pas ta condition").

Depuis le mois d'avril, ils ont mis en image les paroles des chanteurs Daddy Yankee, Yaga, Arcángel et Tego Calderón, prises au premier degré. Les photographies réalisées montrent la grande violence sexuelle contenue dans les expressions populaires typiques du reggaeton.

Selon les concepteurs du projet, "8 femmes sur 10 qui écoutent du reggaeton se sentent blessées" par ce genre de musique. Les paroles se basent sur un argot qui multiplie les références à la sexualité. Il réduit souvent les femmes à l'état d'objets sexuels soumises aux hommes, voire font l'apologie du viol.

Les trois Colombiens n'entendent pas censurer ces chansons, mais provoquer une prise de conscience pour que la femme y soit revalorisée. Ils espèrent toucher à la fois le public féminin et masculin. La diffusion de la campagne est en tout cas en bonne voie. Depuis sa création, elle a été largement relayée par les médias sud-américains.

"Elle aime bien quand c'est dur et qu'on la mange." "Den duro" peut évoquer une pénétration violente.

"Si tu étais un clou et moi un marteau, j'aimerais te clouer..." est aussi une référence aux relations sexuelles.

"Dans la cuisine, je vais te frapper avec une table." "Darte la tabla" est une expression pour "pénétrer quelqu'un".

Rédaction en ligne