Une surveillance accrue de l'arrivée en Belgique du moustique tigre

Une surveillance accrue de l'arrivée en Belgique du moustique tigre

L'Institut de Médecine Tropicale (IMT), déjà à l'affût depuis des années des moustiques exotiques (comme le moustique tigre) dans quelques endroits de la Belgique, étendra dorénavant ses recherches aux quatre coins du royaume en vue d'éviter que ces insectes ne s'établissent sur le territoire, annonce mardi l'IMT dans un communiqué. Figurant parmi les 100 espèces les plus invasives, les moustiques tigres peuvent transmettre des maladies virales comme la dengue, le chikungunya ou Zika.

23 portes d'entrée potentielles sous surveillance

Dans cette optique, 23 points d'entrée potentiels (dépôts de pneus, jardineries, ports et aéroports entre autres) de ces insectes, répartis dans toutes les provinces, seront tenus à l'oeil par les chercheurs dans le cadre du projet MEMO. L'eau qui stagne dans les pneus ou qui est transportée avec certaines plantes telles que les bambous porte-bonheur constitue notamment un repaire idéal pour les œufs de ces moustiques, selon l'IMT.

«Un bon suivi est capital pour éviter que les moustiques tigres ne puissent s'implanter en Belgique. Si nous pouvons localiser rapidement les moustiques, la lutte n'en sera que plus efficace. Nous avons identifié les points d'entrée les plus probables et nous y jouerons un rôle de chien de garde», explique le Dr Wim Van Bortel, chercheur de l'IMT et coordinateur du projet MEMO.

«En soi, le moustique tigre ne présente pas de danger. Cependant, il peut transmettre des virus d'une personne à l'autre. Pour ce faire, un moustique doit d'abord piquer une personne atteinte du virus. Ensuite, il pourra transmettre ce virus à une autre personne. Le plus souvent, ces virus arrivent dans notre pays par un voyageur infecté», ajoute-t-il.

Une présence encore occasionnelle

Provenant à l'origine d'Asie du Sud-Est, on retrouve désormais des moustiques tigres en Europe et en Amérique en raison de l'accroissement du transport mondial des marchandises et des personnes, du réchauffement climatique mais également de leurs grandes capacités d'adaptation. Des spécimens de cette espèce ont déjà été découverts occasionnellement en Belgique, sans cependant parvenir à passer l'hiver et/ou à se reproduire jusqu'à présent, indique encore l'IMT.

D'une durée de trois ans, le projet MEMO est financé par les gouvernements wallon, flamand, bruxellois et fédéral. Il est mené en collaboration avec l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique (IRSNB) et le Barcoding of Organisms and Tissues of Policy Concern (BopCo).