Sur les traces des bières trappistes en Wallonie

Sur les traces des bières trappistes en Wallonie

Depuis 2017, un sentier GR relie les trois abbayes trappistes de Chimay, Orval et Rochefort. Initié par l'ASBL Les Sentiers des grandes randonnées, qui a déjà développé quelque 5.000 kilomètres d'itinéraires balisés repris notamment dans une série de topo-guides, ce parcours de 290 kilomètres attire des randonneurs du monde entier. Mais, cette année, il va plutôt faire le bonheur des marcheurs belges, en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Une grande randonnée

Les sentiers vous emmèneront donc sur la route des abbayes trappistes.  Le tracé est découpé en deux tronçons, de Chimay à Rochefort (174 km)  et de Rochefort à Orval (116 km). Il existe un topo-guide au prix de 10 euros, qui comprend le descriptif dans les deux sens, les cartes, des renseignements touristiques et pratiques sur les régions traversées. Entièrement balisé, le parcours est réalisable au rythme de chacun, randonneur confirmé ou simple amateur. Celui-ci vous emmènera à travers des sentiers en forêts et des chemins de remembrement.

Au total, vous traverserez 20 communes et trouverez sur votre route sept maisons du tourisme, ce qui pourrait vous permettre de faire de belles découvertes, en plus des abbayes. Le balisage des Sentiers GR est permanent et standardisé. Il a été réalisé afin de supprimer tout souci de recherche d'itinéraire.  Le jalonnement  consiste en marques à la peinture, plaquettes ou autocollants - traits blancs et rouges ou jaunes et rouges horizontaux - sur les rochers, les arbres, les poteaux, les murs... Le balisage du Sentier des Abbayes Trappistes de Wallonie a été complété par une signalisation spécifique. Il s'agit du premier itinéraire thématique conçu par l'association des Sentiers de Grande Randonnée.

Des bières d'exception

A l'heure actuelle, il existe 14 bières trappistes à travers le monde, dont 12 bénéficient du logo « Authentic Trappist Product », créé en 1997. Parmi celles-ci, six viennent de Belgique, et trois sont des produits issus du terroir wallon. Inscrites au patrimoine culturel et immatériel de l'Unesco, les bières de Rochefort, de Chimay et d'Orval doivent impérativement être brassées par ou sous Grâce à leur savoir-faire, les bières sont encore brassées de façon traditionnelle et locale.

Belga / N. Maeterlinck

En visitant ces abbayes, vous pourrez récupérer de vos efforts avec vos bières préférées, mais aussi déguster vos fromages préférés. A l'abbaye Notre-Dame de Scourmont, la Chimay se décline en quatre versions : ambrée (capsule rouge, 7%), triple (capsule blanche, 8%), brune (capsule bleue, 9%) ou dorée (capsule dorée, 4,8%). A Rochefort, ce sont également trois bières que brassent les moines de l'abbaye Notre-Dame de Saint-Rémy, du côté de Namur. Vous aurez le choix entre la « 6 » (capsule rouge, 7,5%), la « 8 » (capsule verte, 9,2%) et la « 10 » (capsule bleue, 11,3%). L'écart entre le chiffre attribué à la bière et le pourcentage d'alcool s'explique par l'utilisation d'une ancienne unité de mesure d'alcool, le degré « belge ». Enfin, la mythique Orval se déguste dans la province du Luxembourg à une teneur de 6,2%.

Des lieux empreints d'Histoire

L'abbaye Notre-Dame de Scourmont, qui se trouve sur le territoire de Forges, à sept kilomètres de la ville de Chimay, en Belgique, est une abbaye de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance. Sa construction date de la seconde moitié du XIXe siècle et est l'œuvre de moines cisterciens-trappistes. Le prieuré, fondé en 1850, fut élevé au rang d'abbaye en 1871. La communauté de Scourmont compte actuellement 13 moines de 45 à 99 ans. Son doyen, père Bernard de Give, est décédé en janvier 2020 à l'âge de près de 107 ans.

Erigée en 1230, l'abbaye Notre-Dame de Saint-Rémy est située à quelque trois kilomètres de Rochefort. Si la brasserie et l'abbaye ne sont pas ouvertes au public, vous pourrez toutefois visiter l'église. Sécularisée en 1792 lors de la Révolution française, l'abbaye reprend vie comme communauté monastique en 1887 avec l'installation de moines de l'Abbaye d'Achel. Ils amèneront avec eux leur savoir-faire en matière de brasserie, qui sera opérationnelle dès 1889.

Enfin, l'abbaye Notre-Dame d'Orval, fondée au 11e siècle par des bénédictins, aura pendant longtemps vécu l'existence effacée d'un monastère perdu dans la solitude de la grande forêt ardennaise. À la fin du 18e  siècle, les moines sont chassés et les biens de l'abbaye sont mis à la disposition de la Nation comme « biens nationaux ». Lors des troubles qui suivent la Révolution française, les bâtiments sont détruits et abandonnés. Le monastère est reconstruit et la tradition monastique relevée, en 1926, par un groupe de cisterciens-trappistes venu de l'abbaye Notre-Dame de Sept-Fons. Le monastère retrouve son rang d'abbaye en 1936.

Faire du camping autrement

Pour parcourir ces 290 kilomètres, il vous faudra sans doute une bonne dizaine de jours, et autant d'endroits où faire étape. Pour éviter les gîtes et autres campings qui risquent d'être pris d'assaut, un jeune Belge a créé « Welcome to my garden », une application qui répertorie les jardins de citoyens prêts à le partager avec les voyageurs de passage. En effet, en complétant un formulaire en ligne, votre jardin peut désormais apparaître sur la carte de la plateforme. Une expérience  qui pourrait tenter les plus aventureux d'entre vous, même s'il sera également primordial de soutenir l'Horeca lorsque cette activité sera relancée.