Pourquoi le goût du thé pourrait changer dans quelques années ?

Pourquoi le goût du thé pourrait changer dans quelques années ?

Vin, riz, chocolat, café... La liste des aliments menacés par le réchauffement climatique est longue. On peut y ajouter le thé. Inondations, canicule, ouragans... ces manifestations météorologiques deviennent de plus en plus fréquentes sous l'effet du changement climatique et menacent les zones de culture du thé dans le monde.

De moins en moins de plants

C'est particulièrement le cas au Kenya, premier exportateur au monde de thé noir. Dans ce pays d'Afrique, les plants destinés à la culture du thé pourraient en effet considérablement diminuer dans les décennies à venir, voire être réduites d'un quart à l'horizon 2050, souligne un nouveau rapport réalisé par l'organisation caritative anglaise Christian Aid.

Un goût différent

Mais les effets de la crise climatique pourraient se manifester bien avant une éventuelle pénurie de thé. Car, tout comme certains vins, le goût du thé pourrait s'en trouver altéré et avoir moins de saveur en comparaison de celui que nous avons l'habitude de déguster. En effet, les inondations et l'augmentation des précipitations pourraient modifier les saveurs subtiles de la feuille de thé et du même coup potentiellement réduire ses bienfaits pour la santé, souligne le rapport. 

"Lorsque les théiers sont inondés, les plantes n'ont plus les repères écologiques nécessaires pour secréter ses composés aromatiques et ses vertus antioxydantes. Les quelques-uns qui restent se diluent au fur et à mesure que la plante est gorgée d'eau", explique les auteurs de l'étude.

Une menace qui guette également les autres grandes régions productrices de thé, notamment la Chine , l'Inde et le Sri Lanka. 

Quelles solutions ?

Pour prévenir ces effets néfastes sur le thé, qui reste la boisson la plus consommée au monde, le rapport suggère plusieurs pistes, notamment de renforcer les politiques internationales vouées à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et d'accroître le financement climatique pour aider les pays et les agriculteurs à s'adapter au changement climatique.

L'organisation caritative souligne également la nécessité d'annuler la dette des pays pauvres (déjà lourdement éprouvés par la pandémie), afin de leur donner "l'espace fiscal nécessaire pour mieux répondre aux impacts du changement climatique". Ces recommandations sont formulées en vue de la COP26, qui se tiendra en novembre dans la ville de Glasgow (Écosse).