PHOTOS. Balade autour du graffiti le long des voies ferrées

PHOTOS. Balade autour du graffiti le long des voies ferrées

Ils se font appeler les Ralers, les 42, les PSK ou encore Jerve. Ces noms ne vous disent probablement pas grand-chose. Pourtant, si vous regardez par la fenêtre en prenant le train vers Bruxelles, vous croiserez à coup sûr leurs signatures. Embarquez pour une balade consacrée aux tags et aux graffitis autour du rail belge.

Comme dans d'autres villes européennes, devant l'engouement du public pour l'art de rue, plus communément appelé le street art, des parcours dédiés voient le jour en Belgique. À Bruxelles, l'ASBL Fais le trottoir en organise depuis novembre 2015. Pour la première fois, une visite guidée était consacrée aux graffitis sur les trains et le long des voies ferrées. Metro y était.

Ph. Fais Le Trottoir

D'une étudiante qui consacre son mémoire au sujet à une poignée de septuagénaires, nous étions une petite quinzaine à avoir déboursé 15 € et à nous être donnés rendez-vous à la gare de Forest-Midi, à l'entrée de Bruxelles. Nos guides, le graffeur Thyl et Caroline Vercruysse, co-fondatrice de l'ASBL et spécialiste dans le domaine, ont commencé par nous dresser une brève histoire du graffiti sur trains.

Né aux États-Unis à la fin des années 60 avec le mouvement hip-hop, le graffiti est présent en Belgique depuis le milieu des années 80. Mais ce n'est qu'en 1991 que le premier train belge a été tagué… par des Allemands. À partir du début des années 2000, la pratique a véritablement explosé. Plusieurs collectifs de graffeurs en ont même fait leur spécialité. Pour tagguer les trains, après avoir étudié minutieusement les allées et venues des employés et avoir utilisé Google Earth pour repérer les accès, ils s'introduisent dans les dépôts. Le plus souvent, cela se passe en plein jour. On apprend également que les jours de grève sont une aubaine pour les graffeurs puisque tous les trains sont dans les dépôts.

En Belgique, la pratique est particulièrement développée et des graffeurs viennent du monde entier pour apposer leur signature sur nos trains. Nos guides avancent plusieurs raisons pour expliquer cela: la densité du réseau, la relative facilité d'accès aux dépôts et le fait que certains trains se prêtent particulièrement bien à être tagués, de par leur modèle et leur couleur. C'est notamment le cas des anciennes locomotives et wagons rouges de la SNCB, particulièrement prisés par les tagueurs. Et même si aujourd'hui les trains Desiro avec leur grande surface vitrée n'ont pas la cote auprès des graffeurs, la SNCB n'a jamais autant dépensé pour le nettoyage de son matériel, 2,5 millions € en 2014.

Après la gare de Forest, la visite nous a emmenés à Haren et à Schaerbeek. Pendant un peu plus de trois heures, nous avons appris plein d'informations sur ces collectifs belges et étrangers qui entravent la loi pour apposer leurs noms sur les trains et le long des chemins de fer. Le parcours est ponctué de nombreuses anecdotes, de photos et même de séquences vidéo sur les coulisses de la pratique. Avec le retour des beaux jours, l'ASBL organise à Bruxelles, plusieurs fois par mois, des visites autour de différentes thématiques du street art, des tags et des graffitis.

Pour découvrir le programme, rendez-vous sur le site www.faisletrottoir.com