Marrakech vu du ciel

Marrakech vu du ciel

Il faut savoir que Marrakech est en réalité le site le plus volable dans le monde. «On vole près de 350 jours par an», nous explique Daniel Penet, PDG de la société Ciel d'Afrique et pilote. «L'aérologie est très calme le matin. Nous sommes protégés par les montagnes Jbilet et sommes suffisamment loin de l'Atlas. Toutes les conditions sont donc réunies pour ne pas avoir une aérologie trop active. Marrakech est, par ailleurs, une zone sèche. Il pleut peu.» Pour comparer, d'après le pilote, en Belgique et en France –même dans le sud où le vent est très fort-, on ne volerait qu'une soixantaine de jours par an.

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Pour découvrir les alentours de Marrakech au lever du soleil, c'est très tôt au matin qu'un 4x4 vient nous chercher directement à notre riad. Direction le village Oulad el Garn situé dans le désert. Le soleil n'est pas encore levé. Il fait très frais. Les collègues de Daniel, des villageois pour la plupart, accueillent les touristes avec un bon thé chaud. La société Ciel d'Afrique, qui existe depuis près de 30 ans, a fait le choix de travailler avec la population locale. Elle aide ainsi au développement de nombreux investissements indispensables face à un environnement aride et souvent difficile. En volant avec Ciel d'Afrique, nous contribuons donc à l'amélioration des conditions de vie de ces villageois.

Le vertige ?

Après ce petit moment chaleureux autour d'un traditionnel thé marocain, l'heure est aux explications. On nous explique comment se positionner en cas d'atterrissage forcé, pendant que les ballons se gonflent juste à côté de nous. On peut monter jusque 1.000 mètres. Il faut s'avouer que la tension monte un peu. Et si on avait le vertige ?

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Une fois la montgolfière gonflée, l'équipe nous fait monter dedans. Nous sommes impressionnés par la puissance du feu qui jaillit dans le ballon. On se demande comment notre pilote va pouvoir manier cet engin. «Quand on vole en montgolfière, on sait toujours d'où l'on part mais jamais où on arrive», raconte Daniel Penet. «Le ballon est poussé par le vent donc on est soumis aux aléas de la nature.» Cela peut faire peur dans un premier temps, mais en réalité, c'est exactement ça qui fait toute la beauté d'un voyage en ballon : nous allons être bercés par la nature qui nous dirige là où bon lui semble. «Pas d'inquiétude toutefois, nous gardons quand même un certain contrôle grâce à la possibilité d'ajuster l'altitude. En fonction de celle-ci, les vents ne vont pas dans la même direction, ni à la même vitesse.» Par exemple le jour de notre vol, Daniel est parti le premier. Il est monté assez rapidement et a été poussé vers Marrakech. De notre côté, nous sommes, dans un premier temps, restés plus bas. Le pilote avec lequel nous volions est parti plus doucement et s'est dirigé vers le nord. Nous sommes, par la suite, montés avant que le vent ne tombe. « On peut faire rentrer le ballon en rotation en fonction de l'altitude mais on ne peut pas le faire tourner à gauche ou à droite », développe le CEO.

Un splendide lever du soleil

Lors de ce vol, nous montons jusqu'à 1.000 mètres. « Nous ne pouvons pas aller plus haut car nous avons un trafic aérien au-dessus de notre tête. » Le paysage est à couper le souffle. Le soleil se lève derrière les montagnes Jbilet. C'est splendide. Le silence s'impose. Nous sommes tous subjugués par cette beauté. Au loin nous voyons également des villages berbères et leurs maisons au toit plat. On oublie vite notre vertige tellement que le spectacle est splendide et unique en son genre.

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Pour animer un peu ce tour de 45 minutes et nous montrer ses talents, notre pilote fait descendre le ballon à ras du sol et le conduis sur quelques mètres sans toucher la terre. Nous sommes impressionnés par cette démonstration ! Les 4*4 pensent que c'est la fin du parcours et roulent jusqu'à nous. Mais c'était sans compter sur l'humour de notre pilote qui fait remonter la montgolfière juste devant leur nez. Nous profitons encore de ce moment magique durant quelques minutes et admirons cette beauté qui s'offre à nous.

Ph. M. Hamouchi

C'est maintenant l'heure de descendre du ballon. Nous avons atterri un peu plus loin du site de décollage. Les 4*4 nous ramènent à bon port où nous sommes attendus pour partager un délicieux déjeuner berbère. Nous recevons également un certificat de vol. Un petit souvenir d'un moment magique.

Il est à peine 10 heures du matin. Nous avons encore toute la journée devant nous pour profiter des autres nombreuses richesses dont regorge la ville. Une chose est sûre : nous n'oublierons jamais cette expérience exceptionnelle à 1.000 mètres d'altitude.

Maïté Hamouchi