Les Philippines ne veulent pas être la poubelle du monde

Les Philippines ne veulent pas être la poubelle du monde

Après une longue campagne pour exhorter le Canada à reprendre ces déchets, le président philippin Rodrigo Duterte a tranché la semaine dernière en ordonnant le départ immédiat de cette cargaison. Les 69 conteneurs ont été chargés à bord d'un cargo à Subic Bay, un port au nord-ouest de Manille qui est une ancienne base navale américaine, et le navire a appareillé pour le Canada.

«Baaaaaaaaa bye, comme on dit», a tweeté le ministre philippin des Affaires étrangères Teodoro Locsin, avec une photo du cargo en partance.

https://twitter.com/teddyboylocsin/status/1134252156779819008

Plusieurs pays concernés

La Malaisie a annoncé il y a quelques jours qu'elle allait retourner 450 tonnes de déchets plastique à plusieurs pays, dont l'Australie, le Bangladesh, le Canada, la Chine, le Japon, l'Arabie saoudite et les États-Unis. «La Malaisie ne sera pas la décharge du monde», avait déclaré la ministre malaisienne en charge de l'énergie, de l'environnement et des sciences Yeo Bee Yin. «Nous ne nous laisserons pas intimider par les pays développés.»

La Chine a longtemps accepté les déchets plastique du monde entier, avant de cesser soudainement l'an passé, citant des préoccupations environnementales. Plusieurs pays d'Asie du Sud-Est qui s'étaient placés sur le créneau laissé vacant par Pékin sont en train de renoncer.

Menace de déverser les déchets en mer au Canada

Aux Philippines, la dispute concernait des dizaines de conteneurs envoyés par une société canadienne en 2013 et 2014, et qui étaient de façon inappropriée étiquetés comme renfermant des déchets recyclables. Ce contentieux dure depuis des années, mais il a véritablement explosé le mois dernier quand, dans un discours, M. Duterte a déclaré: «Combattons le Canada. Je vais leur déclarer la guerre.»

Le Canada s'était engagé à reprendre ses déchets mais n'avait pas respecté un délai fixé au 15 mai par Manille pour le faire. Et les Philippines avaient rappelé leur ambassadeur à Ottawa ainsi que leurs consuls généraux. La tension était montée d'un cran quand Salvador Panelo, porte-parole de M. Duterte, avait menacé d'envoyer immédiatement la cargaison et de la déverser dans les eaux canadiennes.