Les infractions routières en légère diminution l'année dernière

Les infractions routières en légère diminution l'année dernière

Une légère diminution (-3,32%) de l'ensemble des constats d'infractions a été enregistrée en comparaison avec les données de 2019. Cela représente 183.414 constats de moins. Selon la police fédérale, c'est la première année depuis 2016 où moins d'infractions sont constatées.

La catégorie «vitesse», qui représente environ 75% des constats, est restée assez stable (+0,42%, soit +16.804 constatations), ce qui influence fortement la tendance globale, souligne la police. Et d'ajouter que cela peut certainement être attribué au premier confinement, qui imposait des restrictions de circulation. La nette tendance à la hausse de ces dernières années est donc rompue.

Toujours plus de stupéfiants

Les constats d'infractions relatifs aux drogues est en revanche en hausse (+11,5%, soit +1.110 constats). D'après la police, cette augmentation peut être liée à la simplification du dépistage (analyse salivaire plutôt que prélèvement sanguin) et à l'imposition plus systématique par les parquets d'un test salivaire lors d'un accident.

Les constats liés à l'alcool ont diminué de 41% (-21.090 constats), le nombre de contrôles ayant lui-même baissé en raison de la crise sanitaire. Le sampling a été déconseillé, les actions de contrôles ciblés ont été suspendues et le trafic routier a diminué, détaille le communiqué.

Le nombre d'infractions impliquant l'usage du téléphone au volant est quant à lui resté plutôt stable, avec une légère hausse de 2,3%, soit 2.461 constats de plus.

Enfin, les constats relatifs aux ceintures et sièges auto pour les enfants ont diminué de 18% (-9.569 constats), confirmant une tendance à la baisse observée depuis quelques années.

Garantir la sécurité routière

«La mise à l'arrêt ou le ralentissement de l'activité du pays en 2020 ne transparaît pas de manière évidente dans les chiffres, preuve que nos services, même s'ils ont dû s'adapter, ont continué à assurer leur mission première, qui est la garantie de la sécurité routière», se félicite le directeur de la police fédérale de la route, Koen Ricour.

L'Institut Vias pour la mobilité et la sécurité routière se réjouit du peu d'impact de la crise sanitaire sur les contrôles, «preuve que les services de police ont pu s'adapter pour continuer à améliorer la sécurité sur nos routes et à sauver ainsi des vies», réagit-il vendredi dans un communiqué. Il se dit en revanche préoccupé par l'ampleur du phénomène des drogues au volant.

Pour la dixième année consécutive, le nombre de conducteurs contrôlés sous l'emprise de stupéfiants est en augmentation, souligne Vias. Or, les drogues peuvent avoir des répercussions désastreuses sur le comportement au volant. L'institut explique que la consommation chronique de cannabis, de plus en plus répandue, peut même avoir un impact permanent sur l'aptitude à la conduite.

Des études épidémiologiques montrent que le risque d'être impliqué dans un accident grave ou mortel double après avoir consommé du cannabis par rapport aux automobilistes qui n'en ont pas consommé, ajoute encore Vias, qui plaide pour une combinaison de sensibilisation et de répression comme moyen de lutter contre ce phénomène. Il rappelle que les sanctions pour les conducteurs sous l'emprise de drogues sont particulièrement sévères: amende de 1.600 à 16.000 euros et retrait de permis de huit jours à deux ans, voire une peine d'emprisonnement d'un mois à trois ans en cas de récidive.