Les femmes lancent une grève de deux jours pour revendiquer leurs droits

Les femmes lancent une grève de deux jours pour revendiquer leurs droits

«On s'arrête toutes. On arrête tout. On s'arrête partout.» Tel est l'appel à la grève (du travail rémunéré, du soin aux autres, de la consommation et étudiante) lancé par le collecti.ef 8 mars, déjà à l'origine de la première grève des femmes l'an dernier.

Cette fois, l'action s'étale sur deux jours. «Le 8 mars tombe un dimanche et nous voulions mettre en avant le travail domestique, qu'il soit rémunéré ou non, le travail des femmes qui restent à la maison,  par choix ou non, et celui des femmes plus précarisées qui n'ont pas d'autre choix que de travailler le dimanche», explique Adeline, membre du collectif, composé uniquement de femmes (ou s'identifiant comme telles).

L'appel à la grève s'étend jusque lundi «pour que les femmes puissent faire grève même si elles ne travaillent pas le dimanche», précise-t-elle. «En prolongeant, nous voulons aussi mettre l'accent sur le travail de nuit.»

L'action est soutenue par la FGTB, qui a déposé un préavis de grève. Le syndicat socialiste met en avant l'écart salarial global entre les hommes et les femmes, qui pointe à plus de 23% en Belgique. «Sans parler des discriminations à l'embauche, de l'inégale répartition des tâches ou encore de la difficile combinaison vie privée/vie professionnelle qui demeure un véritable frein à l'émancipation des femmes travailleuses.»

Nombreux combats

Les revendications brandies par le collecti.ef sont identiques à celles de l'an passé et portent sur le travail, le corps et les sexualités, les violences, l'éducation, l'écologie ou encore les frontières.

Il s'agit de lutter contre la précarité qui touche davantage de femmes, contre les inégalités salariales, contre les violences, qu'elles soient domestiques, sexuelles, médicales, gynécologiques... Les grévistes protestent notamment contre le manque de crèches et dénoncent que le travail domestique soit principalement pris en charge par les femmes, un travail gratuit ou peu rémunéré, invisible et qui impose une charge mentale.

 

Pour faire entendre la voix des femmes et lutter pour leurs droits, le collecti.ef occupera dimanche la place de l'Albertine à Bruxelles, de 10h00 à 14h00. Une manifestation s'ébranlera à 14h00 du carrefour de l'Europe. L'an dernier, le rassemblement avait réuni 15.000 personnes. Un appel à faire du bruit est en outre lancé lundi, entre 11h00 et 14h00.

Actions décentralisées

Les actions seront aussi éparpillées dans toute la Belgique. «Cette année, on a décidé de décentraliser. On a plusieurs groupes de mobilisation, qui peuvent être régionaux ou selon les intérêts», explique Adeline.

A l'Université libre de Bruxelles par exemple, les étudiantes et chercheuses se mobilisent pour revendiquer des droits spécifiques à leur secteur. Être chercheuse implique d'évoluer dans un milieu très compétitif, avec des «contrats qui arrivent souvent vers la trentaine», explique Charlotte Casier, chercheuse à l'ULB. En outre, «c'est quasiment impossible d'avoir un poste de professeure fixe sans avoir fait un séjour à l'étranger. Or, c'est problématique lorsqu'on a des enfants».

Ces chercheuses s'inscrivent aussi en solidarité avec les travailleuses du personnel administratif et de la sous-traitance (nettoyage, restauration...). «On se bat pour que les employées des sous-traitants aient accès aux mêmes avantages que les employées de l'université, ce qui n'est pas le cas pour l'instant. Alors que nous travaillons toutes au même endroit», dénonce Charlotte Casier.

Revendications étudiantes

Les étudiantes de l'université bruxelloise se joignent aussi au mouvement de grève car «nous sommes déjà exposées aux inégalités», témoigne Mathilde. «Nous considérons que nous fournissons un travail qui n'est pas reconnu comme tel», argue-t-elle. Une des revendications portées par le groupe porte sur la rémunération des stages. Une démarche féministe car «la plupart des stages obligatoires non rémunérés sont dans des filières du care, très féminisées. Comme les étudiantes en infirmerie qui prestent beaucoup d'heures gratuitement. En polytechnique par exemple, où il y a beaucoup plus d'hommes, on peut être rémunéré», détaille-t-elle.

Le mouvement des étudiantes de l'ULB (dont les revendications concernent toutes les universités, souligne Mathilde) veut aussi lutter contre la précarité étudiante qui, si elle touche toute la population estudiantine, affecte différemment les femmes. «Par exemple, être mère et étudiante expose à davantage de risques de précarité», expose Mathilde.

«L'action de l'an dernier a apporté davantage de visibilité. Maintenant, le 8 mars est devenu une date importante», estime Mathilde. La première grève «a surtout eu un impact médiatique», pointe Adeline, du collecti.ef, ajoutant que «si on continue, c'est qu'on attend toujours du changement. La société reste très largement patriarcale».

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