Les Beach Boys débarquent à Bruxelles

Les Beach Boys débarquent à Bruxelles

Les Beach Boys, c'est d'abord une histoire familiale: trois frères Wilson (Brian, Dennis et Carl) et leur cousin Mike Love auxquels viendront s'ajouter Al Jardine et Bruce Johnston.

De la fratrie, seul Brian a (difficilement) survécu. Il en était la tête pensante, le génie créateur, le deux ex machina, tandis que Mike Love en était la voix et l'incarnation.

Leurs tubes sont d'innombrables classiques, leurs harmonies vocales d'une complexité sans nom, tandis que les techniques d'enregistrement de Brian ont révolutionné le monde de la musique.

Près de 56 ans après leurs débuts, les Beach Boys continuent leur tournée, souvent à géométrie variable. Du groupe originel, c'est Mike et Bruce, accompagné d'un excellent big band, qui viendront faire résonner toutes les ‘Good Vibrations' du Cirque Royal, comme ils l'ont fait récemment au Royal Albert Hall de Londres où nous les avons croisés. Un morceau d'Histoire de la musique… avec un grand ‘H'.

Faites-vous aujourd'hui toujours de la musique comme à vos débuts?

Mike Love: "C'est difficile à dire. Quand nous avons débuté, nous ne savions absolument rien du business de la musique. Nous ne pensions pas du tout devenir des grandes stars. On s'est juste mis à écrire des chansons en s'inspirant de notre environnement, en l'occurrence le surf et les voitures… C'était une occupation familiale qui est devenue un métier. Tout ce qui s'est ensuite réalisé n'était pas prévu. Les chansons de Brian ont vraiment trouvé leur public. Aujourd'hui, c'est un peu différent. Les moyens techniques sont bien meilleurs, mais on garde toujours cet amour des harmonies vocales. Et puis, on a à notre disposition toutes ces magnifiques chansons que tout le monde connaît, et tous ces albums que l'on a faits. Musicalement, je crois qu'on apporte toujours aujourd'hui un peu d'innocence, nous sommes restés tels que nous étions."

Bruce Johnston: "Les harmonies, la musique, le concept des chansons, tout cela crée un sentiment de bien être dans le public, nous faisons de la ‘feelgood music'. Et l'âge n'a pas d'importance, on voit toujours beaucoup de jeunes filles se mettre à danser. On a survécu au succès."

Pensez-vous que vous êtes des survivants?

ML: "C'est une façon de voir les choses, en effet. Nous sommes toujours capables de bien jouer, le son sonne toujours aussi bien, nous jouons les chansons dans leurs structures originelles, et nous délivrons toujours le même message presque 60 ans après nos débuts. Nos chansons n'ont pas de date de péremption."

Avez-vous encore des projets d'albums, des envies de studio?

ML: "On a constamment des nouvelles chansons en tête. On en fait souvent des maquettes. En tant que musiciens, on a toujours des idées de sons, de textes. C'est toujours en ébullition, mais nous n'avons rien de concret pour le moment."

Après autant d'années, cela ne vous ennuie pas de chanter toujours et encore ces anciens classiques?

ML: "Non, en tout cas pas pour certaines chansons. La raison pour laquelle nous sommes là, c'est parce que ‘Good Vibrations', ‘California Girls', ‘Surfin' USA', ‘I Get Around', ‘Barbara Ann', etc., existent. C'est surtout pour cela que les gens viennent nous voir. Nous ne voulons jamais décevoir, nous jouons systématiquement ces morceaux. Et d'ailleurs, pourquoi ne le ferait-on pas? Être encore là est un honneur. Le problème est surtout de faire un choix dans un si grand catalogue. Il y a parfois certaines chansons que je ne chante pas, et elles me manquent sur le coup."

Et chanterez-vous jusqu'au bout, jusqu'à votre dernier souffle?

ML: "Oh, vous savez, notre modèle (rires), c'est Tony Bennett (91 ans, ndlr). Il chante encore admirablement bien. Mais le challenge n'est pas de faire de concerts. C'est par exemple de venir en Belgique. Parce que la Californie est assez éloignée de Bruxelles. Ce sont les voyages qui sont les véritables challenges. Mais pas la musique, qui était notre hobby avant de devenir notre profession. Et nous chantons à travers le monde."

Brian Wilson est actuellement en tournée avec son propre groupe. Cela vous rend-il triste?

ML: "Bruce a rejoint le groupe en 1965 peu après le départ de Glen Campbell. C'est à cette époque également que Brian a décidé de ne plus faire les tournées. Il joue aujourd'hui avec son propre groupe, il en est très heureux, et c'est très bien pour lui. Mais moi je fais partie des Beach Boys depuis le début, et c'est en tant que Beach Boys que je chante. Mais à l'époque, j'étais évidemment assez triste, parce que c'est mon cousin et que l'on a écrit beaucoup de chansons ensemble. Mais il n'était plus heureux en tournée, il se sentait mieux chez lui. C'est son choix en tant qu'artiste."

Pierre Jacobs

The Beach Boys, au Cirque Royal, ce vendredi 2 juin