Les artistes britanniques s'inquiètent de l'avenir des tournées européennes

Les artistes britanniques s'inquiètent de l'avenir des tournées européennes

A l'avenir, un musicien britannique souhaitant se produire dans plusieurs pays de l'UE pourrait être dans l'obligation d'obtenir des visas pour chacun d'entre eux. Des procédures administratives qui pousseraient certainement les artistes britanniques à revoir à la baisse la taille de leurs tournées. L'imprésario Ellie Giles a publié sur Twitter une simulation des coûts prohibitifs qu'engendrerait une tournée de trois dates européennes pour six musiciens vivant au Royaume-Uni. Sa conclusion : "Oui, ce n'était pas viable avant, c'était difficile, mais maintenant c'est DEUX fois pire".

Cette inquiétude est partagée par de nombreuses organisations au service des professionnels de l'industrie musicale, telles que The Musicians' Union et l'Incorporated Society of Musicians. "Il est extrêmement décevant de constater que les musiciens et autres créateurs ne seront pas couverts par les dispositions relatives aux voyages d'affaires de courte durée, qui ne nécessitent pas de visa. Après tout ce que le secteur a traversé au cours des dix derniers mois, comment cela est-il arrivé ? Il est grand temps que la valeur de la musique pour notre vie et notre économie soit pleinement reconnue", a déclaré Deborah Annetts, directrice générale de l'ISM, dans un communiqué.

Plus de 175.000 signatures en ligne

Une pétition a récemment été lancée en ligne pour interpeller le gouvernement britannique sur le sort des musiciens et autres professionnels du secteur culturel face au Brexit. Le document, qui a déjà récolté plus de 175.000 signatures, demande aussi que "les professionnels, les groupes, les musiciens, les artistes, les célébrités de la télévision et du sport" soient exemptés de visa pour travailler en Europe. "En tant que freelance, je voyage, comme beaucoup d'autres personnes dans mon cas, à travers l'UE d'innombrables fois par an dans le cadre de différentes tournées et manifestations ; cela deviendra impossible en raison des coûts et du temps nécessaires si nous ne bénéficions pas d'un régime d'exemption de visa", explique Tim Brennan, le créateur de la pétition.

Le leader de The Charlatans, Tim Burgess, a affiché son soutien à la pétition sur les réseaux sociaux. "De nombreux députés citent des noms de groupes et d'artistes pour paraître pertinents/cools. Nous avons maintenant besoin d'eux pour nous aider. L'industrie musicale britannique a contribué à notre économie à hauteur de 5,8 milliards de livres en 2019. Pour que cela continue, nous devons pouvoir faire des tournées en Europe", a-t-il affirmé sur Twitter.

So many MPs namedrop bands and artists in order for them to seem relevant/ cool. We now need them to help us.

The UK music industry contributed £5.8bn to our economy in 2019.

- for that to continue, we need to be able to tour Europe.

Please signhttps://t.co/0Kj0fSmEH2

— Tim Burgess (@Tim_Burgess) December 27, 2020

Avant que le Royaume-Uni et l'UE ne parviennent à un accord sur le Brexit, Nigel Adams, alors ministre de la Culture, avait affirmé qu'il était "absolument essentiel" de respecter la liberté de mouvement des artistes. Cette question s'avère d'autant plus cruciale que l'industrie musicale britannique a très lourdement été affectée par la pandémie. Un rapport de U.K. Music estime que la plupart des musiciens ont perdu 65% de leurs revenus depuis le début de la crise sanitaire. Cette statistique grimpe jusqu'à 80% pour ceux qui dépendent financièrement de l'industrie de la musique "live".