Le tourisme durable, "un formidable levier de développement"

Le tourisme durable, "un formidable levier de développement"

Voyager durable, cela se prépare. Choix du guide, de l'hôtel, élaboration du programme… «Il y a beaucoup d'éléments à prendre en compte», souligne Greet Huybrechts, de l'agence de voyages Joker, pionnière en Belgique du tourisme durable. «Cela peut avoir un impact très positif pour les pays visités. Il faut bien avoir en tête que le secteur du tourisme ‘pèse' six fois plus que l'aide publique au développement débloquée chaque année. C'est dire comme cela peut apporter au pays d'accueil, à condition de se faire dans un cadre adéquat.»

 

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L'un des premiers facteurs à prendre en compte est le choix des hôtels et restaurant. «Il est préférable de loger dans des hôtels et restaurants tenus par des habitants du pays», reprend la responsable de Joker. «C'est de l'argent qui arrive dans le pays, et qui y reste. C'est important.» Du côté des activités, il est recommandé aux touristes de «faire» plutôt que de voir. «Il vaut ainsi mieux éviter d'aller, par exemple, ‘visiter' les townships d'Afrique du Sud», reprend Greet Huybrechts. «Mais pour ceux que cette réalité intéresse, il est possible de participer à un atelier avec des artisans qui y vivent, suivre un cours de cuisine après être allé au marché avec des habitants du quartier… On voit tout autant, mais on apprend bien plus, grâce à une démarche qui facilite la rencontre.»

 

Qui dit tourisme durable dit également acceptation de celui-ci par les habitants. Il faut parfois renoncer à visiter des lieux que les locaux ne veulent pas partager, comme des sites privés ou sacrés. En Australie, les visiteurs sont longtemps montés sur le rocher d'Ayers Rock, ce qui choquait les Aborigènes. Il y a 30 ans, cette démarche a commencé à poser question, et quelques visiteurs ont décidé d'éviter de violer ce lieu sacré. Après des années de débat, cette ascension sera interdite à tout le monde à partir de 2019. Mais partout, de nombreuses visites prisées des touristes doivent être remises en question. Faire une randonnée sur le dos d'un éléphant, ou les plongées en cage au milieu des requins sont ainsi tout aussi problématiques. «Il y a beaucoup d'éléments à prendre en compte pour voyager de façon durable. Mais tout le monde a à gagner à développer un tourisme qui convienne à tout le monde», conclut Greet Huybrechts.