Le projet artistique Yolocaust a éveillé les consciences

Le projet artistique Yolocaust a éveillé les consciences

Le projet de Shahak Shapira, artiste israélien vivant en Allemagne, s'appelait « Yolocaust » , contraction des mots « holocauste » et de l'acronyme anglais YOLO (« You Only Live Once », « On ne vit qu'une fois »). Sur le site internet, on pouvait voir une galerie de ces clichés postés sur les réseaux sociaux, notamment une jeune fille faisant du yoga, une autre prenant une pause langoureuse et un homme en train de jongler au milieu des imposantes dalles grises érigées à la mémoire des plus de six millions de Juifs assassinés pendant la deuxième guerre mondiale.

Lorsque l'utilisateur passait sa souris sur ces photos, un nouveau fond apparaissait, des photos prises dans les camps de concentration et qui montrent alors les héros des clichés en train de piétiner des piles de cadavres ou devant des déportés décharnés.

L'artiste revendiquait vouloir faire « honte » à ces utilisateurs et proposait à ceux qui auraient des remords d'envoyer une demande pour que leur photo soit retirée du site. En à peine dix jours, plus de 2,5 millions de personnes ont visité la page du projet et, magie d'Internet, tous les internautes dont les selfies ont été publiés dans « Yolocaust » ont été atteints par le projet et ont contacté l'artiste.

Vendredi 27 janvier, journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l'humanité, l'artiste a enlevé toutes les photos de son site Internet. « Je ne peux même pas l'écrire, je suis malade rien qu'en regardant la photo. Je ne voulais offenser personne. Je suis vraiment désolé », lui a écrit l'une des personnes sur les photos. « Je pense que cet e-mail est le meilleur moyen de conclure mon projet », a indiqué l'artiste sur son site Internet.