Le personnel soignant de plus en plus pris en grippe par la population

Le personnel soignant de plus en plus pris en grippe par la population

"Salope on t'aura au tournant", "connasse", "personne insensible", cas de violence physique... Les témoignages font froid dans le dos. Porté en héros il y a un an par la population, le personnel soignant est désormais la cible de nombreuses insultes. Une partie de la population estime en effet que le prolongement des mesures sanitaires est en partie de sa faute. "Certaines personnes nient la crise qui perdure, nient le fait que les soins intensifs sont saturés, qu'on doive transférer des patients ailleurs. On nous dit : 'Non, ce n'est pas possible, vous inventez'", déplore Alda Dalla Valle, cheffe infirmière aux urgences de l'hôpital Epicura à Hornu.

Autre source de tension ? L'interdiction de visite qui "se mue parfois en agressivité", précise la journaliste de RTBF. "Encore hier j'ai vu sur une vidéo Facebook quelqu'un qui se filmait et qui était mécontent du fait qu'on ait interdit une visite trop longue à une personne mourante. Cette personne proférait réellement des menaces à l'encontre de cette institution en disant qu'un jour il allait nous retrouver. C'est inacceptable", indique la cheffe infirmière.

"On reste des êtres humains"

De quoi plomber encore plus le moral du personnel soignant, qui est sur le pont depuis plus d'un an sans discontinuité. "On reste des êtres humains, cela fait mal", confirme un médecin urgentiste.

Ce vendredi matin, Marcel Van der Auwera, chef du département aide médicale urgente au SPF Santé publique, a rappelé que "depuis septembre, les soins intensifs fonctionnent à plus de 110% de leur capacité normale". "Le personnel soignant est épuisé, poussé bien au-delà de ses limites", a-t-il regretté.

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