Le cordon sanitaire ne tient plus qu'à un fil

Le cordon sanitaire ne tient plus qu'à un fil

D'après Luk Van Biesen, il n'est pas "mauvais" de parler avec le parti d'extrême droite. Le député semble vouloir se débarrasser du cordon sanitaire contre le Vlaams Belang.

"Les constructions artificielles autour des partis et issues du passé n'existent que du côté de la droite. On ne peut pas ignorer les électeurs", estime-t-il.

Plus tôt dimanche, Eddy De Block (Open Vld), le frère de Maggie De Block, avait lancé un signal similaire. "Il n'y a qu'un seul moyen d'arrêter l'ascension du Vlaams Belang, c'est de laisser le parti gouverner", avait-il déclaré sur Radio 2 (VRT).

L'ancien bourgmestre de Merchtem réalise bien qu'il ne sera pas suivi pour tout le monde dans sa réflexion. "C'est ma vision personnelle et je sais que tous les membres de mon parti ne seront pas du même avis. Mais compte tenu de mon indépendance, j'ose l'exprimer."

Jean-Marie Dedecker a également estimé que le principe du cordon sanitaire devait être revu. "Je le dis depuis trente ans. Tant que le cordon sanitaire ne sera pas levé, nous serons souvent confrontés à de tels résultats", a assuré M. Dedecker qui est candidat indépendant sur la liste N-VA à la Chambre en Flandre occidentale.

Il qualifie le résultat de "gros doigts d'honneur collectif". La N-VA est également responsable de cela, parce que le parti participe à l'élaboration de la politique gouvernementale depuis cinq ans, selon M. Dedecker,. Bien qu'il note que le gouvernement a toujours "mis le frein à main".

L'homme politique estime qu'il faut discuter avec le Vlaams Belang. "La volonté de la population doit être respectée. C'est la démocratie. Sinon, nous vivrons de nombreux dimanches noirs comme aujourd'hui."

Un "avenir" entre le Vlaams Belang et la N-VA

"L'avenir réside dans une combinaison entre le Vlaams Belang et la N-VA", a déclaré dimanche Gerolf Annemans, tête de liste à l'Europe du VB, sur la chaîne de télévision privée VTM.

"J'ai dit il y a cinq ans que nous devions tout recommencer. Il y a désormais un nouveau Vlaams Belang et nous en sommes récompensés maintenant", a ajouté M. Annemans. Selon lui, le cordon sanitaire doit être rompu "à moyen terme".

"Il faut résoudre cela d'une manière ou d'une autre comme l'a dit à plusieurs reprises Tom Van Grieken. La nouvelle génération apportera une solution", a-t-il précisé.

La relation entre le président de la N-VA, Bart De Wever, et son homologue du parti d'extrême droite, Tom Van Grieken, aurait, selon lui, souffert des déclarations de ces derniers jours du président des nationalistes. "Elle est sérieusement endommagée et la faute en revient à De Wever", a souligné M. Annemans.