Le Beaujolais nouveau s'attaque aux idées reçues

Le Beaujolais nouveau s'attaque aux idées reçues

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  • Le Beaujolais nouveau ne se déguste pas obligatoirement dans l'instant

Bien sûr, le Beaujolais nouveau est un vin primeur. On découvre le fruit d'une vendange produite quelques mois plus tôt. Et la tradition repose justement sur cette dégustation précoce. Pour autant, rien n'empêche de procéder soi-même au vieillissement des flacons, dans la limite des six prochains mois, et les savourer au printemps 2017.

Ceux qui n'écouteront pas les mauvaises critiques peuvent même oser servir le Beaujolais nouveau lors des prochaines fêtes de fin d'année, à l'apéritif si des bouchées de charcuteries sont prévues.

  • Il n'existe pas qu'un seul et même Beaujolais nouveau

Les idées reçues ont la vie dure et aiment imposer au Beaujolais nouveau son fameux goût de banane. Ce primeur dévoile une bouche fruitée, c'est vrai. Et c'est le but, puisque la macération est courte, limitée à sept jours maximum. Charge au vigneron d'appliquer ses propres conventions pour donner une trame propre à son vin.

Le Beaujolais nouveau est ainsi un vin artisanal, qui puise ses caractéristiques d'abord dans le terroir d'où proviennent les raisins. Surtout, le vin primeur est pratiqué pour deux appellations du vignoble, à savoir le Beaujolais et le Beaujolais Villages.

Il n'existe donc pas ‘un' Beaujolais nouveau, mais ‘des' Beaujolais nouveaux. Pour preuve, 2.000 maisons et domaines fournissent leur propre interprétation du Beaujolais nouveau.

  • Ne pas manquer un millésime 2016 séducteur

L'année n'a pas démarré sous les meilleurs auspices dans le Beaujolais. Les vignerons ont craint le pire au 2e trimestre après un épisode de grêle, qui a ravagé une partie de la récolte. 2.200 hectares ont été touchés à 50%, voire plus, sachant que le vignoble compte 15.819 hectares.

Pour autant, l'été a permis à la nature d'être pardonnée puisque les conditions sont devenues idéales pour donner un potentiel qualitatif au millésime. Les vendanges se sont d'ailleurs déroulées sous le soleil.

Par ailleurs, la récolte a été supérieure de 40% aux cinq dernières années pour les exploitations non touchées par la grêle printanière. Les premiers jus ont révélé surtout de l'élégance plutôt que de la puissance.

Ph. AFP / Toru Yamanaka