La surmortalité en 2020 serait essentiellement le reflet du vieillissement de la population belge

La surmortalité en 2020 serait essentiellement le reflet du vieillissement de la population belge

"L'excès relatif de la mortalité constaté en 2020 en Belgique apparaît être avant tout, sinon essentiellement, le reflet du vieillissement de la population belge, bien plus que le reflet d'un phénomène infectieux particulièrement dangereux", selon une analyse que vient de publier Christophe de Brouwer, professeur de l'école de Santé publique de l'ULB.

Des personnes âgées enfermées, souvent sans prise en charge

L'auteur rappelle dans son analyse l'épisode de l'enfermement des personnes âgées dans leurs chambres, souvent sans prise en charge, et l'effet de la vague de chaleur du mois d'août 2020. Selon lui, "une mauvaise gestion sanitaire comme facteur aggravant ne peut être écartée" parmi les explications de cette surmortalité relative.

L'analyse de "standardisation de la mortalité" effectuée compare la pyramide des âges en Belgique en 2020 à des indicateurs de population plus jeune, européenne et mondiale, sur les deux premières décennies de ce siècle. Il en ressort que la surmortalité a touché spécifiquement en 2020 les personnes âgées de plus de 85 ans, soit au-delà de l'espérance de vie, une évolution comparable à celle de l'année 2003, qui connut une vague de chaleur.

Pas d'augmentation spécifique de la mortalité en dessous de 85 ans

Dans les autres catégories d'âge, il n'y a pas eu d"augmentation spécifique de la mortalité. "Ceci montre que la standardisation directe de la mortalité sur une pyramide des âges est un élément important de compréhension démographique et que dans des pays à la population plus jeune (ou si la Belgique avait eu une population plus jeune), même s'ils avaient subi une mortalité aussi prononcée qu'en Belgique pour les classes d'âge des aînés, cela n'aurait pas eu une grande incidence", conclut le professeur.

"Nous vivons donc une crise qui apparaît essentiellement liée au vieillissement de la population"

Selon lui, "nous vivons donc une crise qui apparaît essentiellement liée au vieillissement de la population". Christophe de Brouwer invite à penser "une prise en charge médicale renforcée des 85 ans et plus" plutôt qu'un contrôle social généralisé.