La guerre des grammes fait rage dans l'automobile

La guerre des grammes fait rage dans l'automobile

Les organisateurs du salon de Genève veulent promouvoir les voitures émettant moins de 95 grammes de CO2 par kilomètre. C'est le niveau d'émission que devront atteindre en moyenne les gammes européennes début 2021, contre 130 g en 2015.

Si les constructeurs ne parviennent pas à 95 g, ce qui correspond à une consommation de 4,1 litres d'essence ou de 3,6 litres de gazole aux 100 km, ils devront s'acquitter de 95 € par voiture et gramme de CO2 excédentaire. Ces pénalités pourraient atteindre des dizaines de millions €.

"Pour chaque gramme de CO2 gagné, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent investi, et de plus en plus difficile", remarque Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile. "Les solutions sont de plus en plus chères", confirme Marc Charlet, directeur général du pôle de compétitivité automobile français Mov'eo: "il y a un vrai enjeu compétitif derrière, avec une concurrence féroce".

12 kilos pour un gramme

Mais Laurent Burelle, Ceo de l'équipementier Plastic Omnium, assure qu'"il y a encore beaucoup de grammes à aller chercher, par l'électronique, par les matériaux, par le design, par l'aérodynamique...". Même optimisme de Guillaume Devauchelle, directeur de l'innovation et de la recherche scientifique chez Valeo. L'équipementier vient de relever ses objectifs vu notamment le succès de ses produits visant à réduire les émissions: "les sources de gain sont théoriquement infinies", assure-t-il.

Pour sa part, Faurecia, qui fabrique entre autres des sièges et des planches de bord, travaille depuis dix ans sur la réduction des masses. "On a réduit de 20% nos masses ces cinq dernières années, et on a comme objectif de gagner encore 20% supplémentaires" à horizon 2021, témoigne un responsable du groupe.