«La Boum 2» : l'événement a été bloqué par Facebook

«La Boum 2» : l'événement a été bloqué par Facebook

Après discussion avec le parquet de Bruxelles, Facebook a décidé d'accéder à la demande de la police en fermant l'événement Facebook. «Notre priorité est de maintenir la sécurité des gens, aussi bien sur nos plateformes qu'en dehors. Les autorités locales nous ont informés que cette page événementielle n'était pas conforme aux exigences légales actuelles en matière de Covid-19. Après étude, nous avons décidé de bloquer la page», a précisé le porte-parole de Facebook.

Plus de 28.000 personnes suivaient l'événement, dont 8 à 9.000 avaient déclaré participer, a précisé le représentant du collectif L'Abîme. La page Facebook «L'Abîme Team», qui compte un peu plus de 5.600 abonnés, est quant à elle toujours active.

L'organisateur interrogé

Le représentant du collectif l'Abîme s'était signalé aux autorités, qui cherchaient à entrer en contact avec le groupe. Il a été interpellé mardi vers 08h20 à son domicile, soit avant l'heure de sa convocation à 09h00 au commissariat central de Bruxelles. L'intéressé avait initialement été convoqué le vendredi 23 avril, mais avait appelé la police pour repousser la date fixée afin de pouvoir être assisté d'un avocat.

Lors de son audition, qui a duré environ 4 heures et demie, il a reconnu être l'administrateur de la page Facebook et du site internet. Il avance que les policiers ont cherché à déterminer si des éléments à charge pouvaient impliquer sa responsabilité dans les infractions de création d'une milice et d'incitation à la violation, et ce respectivement sur base d'une vidéo humoristique avec des membres du collectif déguisés en militaires et d'images tournées lors la fête «La Boum» du 1er avril. Ils auraient aussi cherché à faire le profil des membres du collectif L'Abîme. Il a été relaxé à l'issue de l'audition. Son téléphone a été confisqué pendant 24 heures.

"Un public de jeunes qui veulent faire la fête"

Le porte-parole de L'Abîme ne souhaite pas poser d'étiquette sur les membres de son collectif, créé «pour permettre aux jeunes de renouer avec la fête en extérieur malgré la pandémie amenée à durer». Quant aux participants, il défend qu'il n'y a pas eu de recherche suffisamment poussée pour parler de 'convergence des extrêmes', comme cela a été fait ces derniers jours dans les médias, et il ajoute qu'une source mentionnée dément avoir fait état de la présence d'extrémistes ou autres anciens para-commandos. «Sur base des statistiques Facebook, le public avait plutôt au départ dans les 25 ans et comptait une plus large majorité de femmes. Il a vieilli par la suite en montant au-dessus de 35 ans, avec un peu plus d'hommes. On a des jeunes adultes qui ont besoin de vie sociale. Parler d'extrêmes et de personnes dangereuses, c'est ajouter de la peur à la peur. Cela va dissuader les gens pacifiques de venir, mais aussi attirer des gens violents. Cette image d'affrontements avec la police, donnée à la Boum du 1er avril, a attiré des jeunes casseurs le 2 avril. Mais, bien sûr que je ne peux pas assurer que dans un rassemblement de plusieurs centaines voire quelques milliers de personnes, il n'y aura pas une personne d'extrême droite ou d'extrême gauche», a-t-il fait valoir, appelant la police à encadrer l'événement de samedi, plutôt qu'à le réprimer.

Le 1er avril, une première «Boum», considérée alors comme un canular, avait rassemblé au bois de la Cambre entre 1.500 et 2.000 personnes, selon l'estimation de la police, qui avait fait usage de la force pour disperser les participants. Le collectif L'Abîme a organisé une seconde fête le 2 avril et a repris à son compte le nom «La Boum» pour sa fête illégale du 1er mai.

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