Kais Saied élu président tunisien avec plus de 75% des voix

Le spécialiste de droit constitutionnel, Kais Saied, a été donné vainqueur de la présidentielle tunisienne avec plus de 30 points d'avance sur l'homme d'affaires Nabil Karoui, selon un premier sondage sortie des urnes dimanche, déclenchant des scènes de joie de ses partisans à Tunis.
par
Clement
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D'après l'institut de sondage Emrhod, M. Saied, 61 ans, a obtenu 72,5% des suffrages, contre 27,5% seulement à son adversaire, M. Karoui, un homme d'affaires controversé. La publication de ce sondage, massivement repris et commenté en Tunisie, est intervenue une heure environ après la fermeture des bureaux de vote, à 18H00 locales (17H00 GMT).

Hier en fin de soirée, le futur président a remercié «les jeunes qui ont ouvert un nouvelle page de l'histoire», devant ses partisans dans un hôtel du centre de Tunis peu après l'annonce de sa victoire dimanche. «Nous allons essayer de construire une nouvelle Tunisie», a-t-il déclaré, stoïc, devant ses proches et la presse. «Je connais l'ampleur de la responsabilité».

Plébiscité par les jeunes

«Cette campagne a été conduite par les jeunes et j'en porte la responsabilité», a-t-il dit. Environ 90% des électeurs de 18 à 25 ans, ont voté pour l'universitaire, selon les estimations de l'institut de sondage Sigma, contre seulement 49,2 des plus de 60 ans.

«Je vais porter ce message» de la révolution de 2011, a-t-il assuré. «Le peuple veut... !», a-t-il lancé, reprenant un slogan phare de la révolution de 2011. «Et sa volonté va être appliquée. La loi sera appliquée à tous et à moi en premier lieu. L'application de la loi se fera sans aucune exception».

«Chacun a choisi qui il voulait, en toute liberté. Notre projet est basé sur la liberté. L'époque de la soumission est finie. Nous venons d'entrer dans une nouvelle étape de l'histoire», a-t-il martelé. «Vous avez donné une leçon au monde entier (...) dans le cadre de la Constitution», a-t-il salué. «L'Etat va se construire sur la base de la confiance. La confiance entre le dirigeant et les dirigés, dans le respect des règles», a-t-il conclu, remerciant également ceux qui n'ont pas voté pour lui.

"Déni de justice"

Il a souligné l'importance de la question palestinienne, la plaçant comme priorité de sa politique étrangère. Son rival Nabil Karoui, a déploré un «déni de justice», évoquant la possibilité de contester son incarcération durant 49 jours en pleine campagne électorale.

«Je me demande ce que ça aurait été si je n'avais pas été en prison, d'une façon inique», a-t-il déclaré à la presse dans son QG. «C'est un cas unique dans l'histoire des démocraties dans le monde - c'est comme faire les jeux olympiques et on casse un genou avant de faire les 100 mètres», a-t-il déploré. «On veut se défendre, si on se défend pas ça va faire jurisprudence: mettre les favoris en prison c'est facile», a-t-il conclu, tandis que son équipe a indiqué attendre les résultats officiels pour trancher sur la suite des démarches.