Jérôme De Warzée remonte sur scène : «Il n'y a pas plus cumulard que moi»

Jérôme De Warzée remonte sur scène : «Il n'y a pas plus cumulard que moi»

Le titre de votre nouveau spectacle, «Réservé à un public fin», est assez évocateur. Les politiques vont en prendre pour leur grade ?

«Oui, il n'y a pas que ça mais c'est vrai que j'ai voulu rebondir un peu sur les affaires. Pour ceux qui ne suivent pas l'actualité, le spectacle va être long parce que je m'attarde pas mal sur le sujet. Mais dans mes spectacles, je fais toujours du stand up en revue de presse et des sketches où je joue des personnages en situation.»

Vous jouez sur votre statut de cumulard…

«Tout à fait, il n'y a pas plus cumulard que moi. Je fais de la radio, de la télé, de la scène et j'essaie de surfer sur cette vague. Je dénonce tout le système qu'on a découvert cette année et qui est -sans mauvais jeu de mots- une ‘richesse' pour un humoriste comme moi, parce que ça n'arrête jamais.»

Vous vous moquez beaucoup des politiques. Mais aimeriez-vous être à leur place ?

«Mon Dieu non! J'aurais trop peur qu'on se foute tout le temps de ma gueule. Non, mais je suis quelqu'un d'hyper perfectionniste et j'aime me cibler sur une chose bien précise. J'ai l'impression que les politiques veulent régler 45 problèmes à la fois et très vite. Ça me sidère toujours de les voir gérer 6 ou 7 portefeuilles. Le mardi, c'est l'agriculture et le mercredi, c'est la petite enfance, je trouve ça inconcevable.»

C'était un besoin pour vous de remonter sur les planches ?

«C'est ce que je préfère dans tout ce que je fais. Je fais de la radio et de la télé pour pouvoir remplir les salles. Il n'y a pas mieux que de monter sur scène pour faire rire les gens pendant 1h40.»

Vous avez encore une vie en dehors du travail ?

«Non, c'est terminé ça (rires). En plus, j'habite à 300 m de la RTBF, donc quand j'ouvre mon rideau, je vois la tour qui me rappelle à l'ordre. C'est compliqué de voir ma fille, de faire du sport, ou de manger. Mais bon, c'est le lot de plein de gens.»

Vous vous autorisez à rire de tout ou vous vous freinez un peu parfois ?

«J'ai eu une éducation qui m'empêche de balancer certaines choses mais bon, ma limite en général, c'est la loi. En fait, c'est plutôt le public qui fixe les limites. Certains m'envoient des messages en disant que je n'y vais pas assez fort, et d'autres m'ont déjà fait comprendre que je devais me calmer.»

Vous avez déjà reçu eu des menaces ?

«Oui, dès qu'on touche aux ‘religions', c'est plus délicat. Quand je parle de ‘religions', ce n'est pas forcément qu'au sens spirituel du terme. Le football pour moi, c'est aussi une religion, tout comme les traditions, auxquelles on ne peut pas s'attaquer, comme le carnaval de Binche par exemple.»

Êtes-vous aussi cynique et impertinent dans la vraie vie ?

«Pas du tout. Mais j'ai toujours écrit comme ça, je ne sais pas écrire autrement. J'ai toujours été très timide et c'était certainement thérapeutique pour moi d'écrire. Même à l'école, je n'ai rien foutu mais je n'ai jamais été turbulent ou irrespectueux. Quand j'ai compris que j'avais l'écriture en moi, je n'ai pas lâché parce que je n'avais que ça. J'aime bien cette phrase: ‘une journée sans rire est une journée perdue'. Pour moi, une journée où je ne fais pas rire est une journée perdue. C'est très beau ce que je viens de dire, il faut absolument noter cette phrase!»

Vous travaillez aussi pour les autres. Pour qui rêveriez-vous d'écrire ?

«Pour le roi Philippe. J'adorerais lui écrire un discours de Noël, un discours à double sens. Ça, j'en rêverais ! Je lance donc un appel au Palais.»

Le « Grand Cactus » cartonne pour l'instant. Est-ce qu'il y a des nouveautés attendues cette saison? Vous gardez la même formule ?

«On garde bien sûr la même formule. Quelques séquences vont simplement être remplacées. On a par exemple décidé de se séparer de Julie Van H pour la chronique Geek parce que ça se rapprochait trop du ‘20h02' d'Adrien Devyver. Et on a engagé une nouvelle comédienne, on va voir comment ça se passe.»

Un challenge ou un projet ?

«Il faudra que j'arrête la radio un jour. En ce qui concerne la télé, j'espère que ‘Le Grand Cactus' va encore continuer quelques saisons. Je vais aussi sortir un recueil de chroniques fin octobre. Et pour l'écriture, j'adorerais travailler sur une série ou un film. Ça me paraît être une sorte de logique. Je rêve de faire une série où il n'y a pas de mort dans les Ardennes. J'ai quelques idées mais tant que je continue la radio, la télé et les spectacles, c'est impossible.»

« Réservé à un public fin »: dates et tickets sur www.jeromedewarzee.com