À Hong Kong, l'armée vante un exercice après des terribles manifestations

À Hong Kong, l'armée vante un exercice après des terribles manifestations

Depuis le retour de l'ex-colonie britannique à la Chine en 1997, des troupes de l'Armée populaire de libération (APL) sont stationnées dans la ville. Mais les militaires y restent d'ordinaire discrets et sont rarement vus en public.

Des millions de personnes ont manifesté depuis juin à Hong Kong contre un projet de loi controversé du gouvernement local visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

La crise a franchi un nouveau palier lundi, lorsque des manifestants ont saccagé le parlement local du territoire semi-autonome, certains taguant le message «Hong Kong n'est pas la Chine» en signe de provocation.

L'armée met l'accent sur "la réaction aux situations d'urgence et imprévues"

Mardi, soit le lendemain, le Quotidien de l'APL, le journal officiel de l'armée, a rapporté sur le réseau social Weibo l'organisation le 26 juin d'un exercice militaire conjoint entre les forces terrestres, navales et aériennes.

«L'accent a été mis sur le renforcement de l'aptitude au combat, en matière de déploiement d'urgence, de réaction aux situations imprévues et d'opérations conjointes», souligne le journal.

Des photos montrent des soldats en tenue de camouflage et équipés de fusils sur des bateaux pneumatiques, ou patrouillant sur le pont d'un navire avec des pistolets. L'article ne fait pas mention de tirs.

La date d'annonce de l'information suscite des interrogations, d'autant plus qu'elle a été abondamment reprise par plusieurs médias étatiques, chacun mentionnant de façon explicite le saccage du parlement local.

Un avertissement

«Le but de l'exercice est évident: lancer un avertissement aux indépendantistes hongkongais et dissuader toute ingérence étrangère», a déclaré à l'AFP Ni Lexiong, professeur à l'Institut de recherche sur la stratégie de défense à Shanghai.

L'hypothèse d'une intervention de l'armée pour mater les manifestants est toutefois jugée improbable par James Char, spécialiste des affaires militaires chinoises à l'Université de technologie de Nanyang, à Singapour.

«Pékin veillera à ne pas commettre la même erreur que le 4 juin 1989» avec la répression sanglante des manifestations de la place Tiananmen à Pékin, déclare-t-il à l'AFP. «Nous vivons au 21e siècle. L'avènement des réseaux sociaux fait que le gouvernement central ne pourra plus nier sa culpabilité si ses troupes se livrent à un carnage».