Filip Dewinter évoque un "dimanche blanc"

Filip Dewinter évoque un "dimanche blanc"

Filip Dewinter admet être surpris par les chiffres mais néanmoins il souligne une situation de "déjà-vu" par rapport aux résultats des élections de 1991 et 2004. "Cela va dans la bonne direction", souligne-t-il.

La tête de liste anversoise du Vlaams Belang évoque un "dimanche blanc" alors que "les autres partis voient de la neige noire".

Pour expliquer les bons chiffres du parti d'extrême-droite flamand, Filip Dewinter déclare que "les gens se sentent abandonnés". "La N-Va a tenté de nous copier mais elle n'a surtout pas réalisé ce qu'elle avait promis".

Une coalition qui n'apparaît pas évidente

La poursuite de la coalition actuellement au pouvoir en Flandre, avec la N-VA, le CD&V et l'Open Vld, ne semble pas évidente, au vu des premiers résultats de l'élection du Parlement flamand. Chaque parti membre de la majorité a en effet perdu des voix et des pourcentages.

Parmi les trois partis précités, la N-VA est la plus grande perdante, avec une baisse entre 8 et 10 points de pourcentage. Dans certains résultats partiels, la perte est encore plus élevée, avec par exemple jusqu'à -11,8% à Ostende. La N-VA avoisinerait les 26% pour l'élection régionale au nord du pays.

Le président des nationalistes flamands Bart De Wever avait souligné ces dernières semaines que la barre était, à ses yeux, fixée à 30%. Si la N-VA passe en-dessous de ce seuil, le risque est grand, d'après lui, que les autres partis forment une coalition flamande contre la N-VA et entament aussi des négociations au niveau fédéral.

La perte est conséquente aussi pour le CD&V. Le parti reculerait de 4 points de pourcentage, pour s'établir autour des 17%. Pour son partenaire de coalition Open Vld, le recul est relativement parlant le plus limité. La formation libérale disposerait encore de 10% des voix.

Les bénéfices vont en effet presque entièrement au Vlaams Belang. Le parti d'extrême-droite et la N-VA n'ayant pas de majorité pour le moment, le risque est toutefois assez faible que le cordon sanitaire soit rompu.

"Une course au plus radical"

"Il y a une radicalisation très forte de l'extrême droite, il y a eu une course à qui était le plus radical entre certains partis néerlandophones, et le Vlaams Belang apparaît le plus authentique à l'extrême droite", a commenté dimanche, sur la RTBF, le président du PS Elio Di Rupo, alors que les premiers résultats en Flandre font état d'une forte progression de ce parti.

M. Di Rupo ne croit pas pour autant que le pays soit ingouvernable, même s'il préfère attendre les résultats finaux avant de s'exprimer plus avant. La victoire du Vlaams Belang n'est "pas bonne pour la Flandre, pas bonne pour le pays", a-t-il précisé.

"La Belgique n'est pas épargnée"

La poussée du Vlaams Belang en Flandre, si elle venait à se confirmer, "montrerait que la Belgique n'est pas épargnée par la montée en puissance des populistes extrémistes, comme c'est le cas dans d'autres pays européens", a réagi dimanche, sur la RTBF, le Premier ministre sortant Charles Michel (MR), préférant toutefois attendre le déroulement de la soirée électorale afin d'avoir plus de recul.

M. Michel s'est dit "calme" et "serein" dans l'attente des résultats. Il a redit son espoir que le pays soit "gouvernable" et que des majorités puissent être rapidement mises en place afin de prendre les décisions nécessaires au fonctionnement du pays.

Etre devant Ecolo, "il est certain que ce serait ma préférence", a dit le président du MR.