Emoi au Maroc : Mutilée et violée, une adolescente raconte son calvaire

Emoi au Maroc : Mutilée et violée, une adolescente raconte son calvaire

Le hashtag #noussommestouskhadija accompagné d'un dessin de femme nue, tatouée, le visage barré d'un «SOS», est devenu viral ces derniers jours après la publication de son témoignage dans des médias marocains.

https://twitter.com/Lylou20/status/1033403065049772033?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1033403065049772033&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.7sur7.be%2F7s7%2Ffr%2F1505%2FMonde%2Farticle%2Fdetail%2F3468426%2F2018%2F08%2F26%2FSequestree-violee-mutilee-une-ado-marocaine-raconte-son-calvaire.dhtml

Sur la vidéo publiée le 21 août, Khadija Okkarou, 17 ans, affirme avoir été enlevée il y a trois mois devant chez sa tante à Fqih ben Saleh dans le centre du pays, par des garçons connus pour appartenir à une «bande dangereuse».

«Ils m'ont séquestrée pendant près de deux mois, violée et torturée, (...) je ne leur pardonnerai jamais, ils m'ont détruite», dit-elle, en montrant des tatouages graveleux et des traces de brûlures de cigarettes sur son corps.

https://www.youtube.com/watch?v=fAqqsztdU4c

(voir la vidéo sur mobile)

https://www.youtube.com/watch?v=wEmfeLLAHrs

(voir la vidéo sur mobile)

Selon son père, Mohamed Okkarou, trois de ses agresseurs, à propos desquels aucune information n'a filtrée, ont été arrêtés samedi. Il affirme également que la première audience du procès aura lieu le 6 septembre.

12 personnes interpellées

Au total, 12 personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire, a indiqué à l'AFP Naima Ouahli, membre de l'Association marocaine des droits humains à Beni Mellal, près de Fqih ben Saleh.

«Son état est stable, nous essayons de la soutenir, de lui assurer que justice lui sera rendue et de lui dire qu'elle n'y est pour rien (...). Nous sommes émus par l'élan de solidarité avec elle», a affirmé son père.

La pétition, destinée à lui fournir des soins et une aide psychologique, a déjà recueilli 12.500 signatures ce matin.

D'autres faits

Le sujet est d'autant plus sensible dans le royaume qu'il fait écho à de précédents faits divers ayant ému l'opinion.

Fin 2015, une mineure de 16 ans s'était immolée par le feu après avoir été victime d'un viol collectif, ses agresseurs l'ayant fait chanter en la menaçant de diffuser des vidéos de son viol. Les prévenus avaient été remis en liberté provisoire avant leur procès, ce qui avait suscité un scandale.

Huit personnes ont été condamnées à des peines allant de huit à 20 ans de prison.

https://twitter.com/W_Alhusseini/status/1033682457650970624?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1033682457650970624&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.7sur7.be%2F7s7%2Ffr%2F1505%2FMonde%2Farticle%2Fdetail%2F3468426%2F2018%2F08%2F26%2FSequestree-violee-mutilee-une-ado-marocaine-raconte-son-calvaire.dhtml

Un des cas les plus célèbres de la cause féminine reste celui d'Amina Filali, une adolescente de 16 ans qui s'était elle aussi suicidée en 2012 après avoir été contrainte d'épouser son violeur.

Deux fois plus de cas traités

La mobilisation civile après sa mort avait débouché sur l'abrogation de l'article 475 du code pénal, qui permettait aux violeurs d'échapper à la prison en épousant leur victime.

Le nombre d'affaires de viols traitées par la justice marocaine a doublé en 2017, passant de 800 en moyenne à 1.600. Ce crime est doublement douloureux pour les victimes, souvent considérées comme les premières coupables par une société empreinte de valeurs traditionnelles.

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