Emilie Dupuis sur son rôle de maman: « 2020 a été une bonne année pour faire un enfant »

Emilie Dupuis sur son rôle de maman: « 2020 a été une bonne année pour faire un enfant »

Votre vie a-t-elle beaucoup changé depuis l'arrivée de vos enfants ?

« Ma vie a surtout changé à l'arrivée de Jude. On passe d'une vie en couple à une vie de famille. On ne naît pas maman, j'ai complètement découvert ce rôle. Jane est ensuite arrivée dans la continuité de cette vie de famille. Elle a apporté un joli équilibre. C'est surtout le premier enfant qui change une vie. »

Vous avez diminué votre temps de travail ?

« Pas spécialement car j'adore mon métier. C'est aussi ça qui fait que je suis une maman comblée. J'ai un travail où jamais une semaine ne se ressemble. C'est ce que j'aime, la diversité. C'est se lever le matin et me dire ‘qu'est-ce que j'ai à faire aujourd'hui ?'. Je n'ai pas diminué mon temps de travail mais j'ai davantage un regard sur l'heure. J'ai dû apprendre à m'organiser. L'organisation, c'est le mot-clé quand on devient parent. Il faut tout anticiper. Dans mon métier, on finit la journée parfois plus tôt que prévu, parfois plus tard, il faut essayer de prévoir. Et une des chances que j'ai, c'est d'être bien entourée. Ma mère et ma belle-mère s'occupent énormément des enfants. »  

Vous avez accouché durant la pandémie. Comment avez-vous vécu la naissance de votre fille dans ces conditions ?

« Une de mes amies a accouché deux mois avant moi. Elle m'a dit qu'elle avait pu retirer son masque. Moi, on m'a obligé à le garder jusqu'au moment où Jane était dans mes bras. On dit toujours que le premier regard est très important mais je trouve que le premier sourire aussi. C'était particulier parce que, pendant les rendez-vous médicaux, ni Jeremy (son mari, NDLR.) ni Jude ne pouvaient m'accompagner. Ce sont des choses qu'on aime partager en famille. J'entends aussi qu'il y a eu plus d'enfants prématurés à cause du Covid, moi je suis allée à terme. »

Comment vivez-vous le confinement avec vos enfants ?

« Je trouve que 2020 a été une bonne année pour faire un enfant parce qu'on était beaucoup plus à la maison. Il n'y a pas de frustrations, pas de soirées, pas de restos, pas de festivals, on met toute son énergie et tout son amour dans son enfant. Quand la vie normale va reprendre, ça va sûrement être difficile car mes enfants sont très attachés à leur cocon. Ils sont en contact avec mes parents et mes beaux-parents parce qu'on ne saurait pas faire autrement mais ils ne sont quand même pas très sociabilisés. »

Et vos enfants, comment vivent-ils cette période ?

« Malgré la période très difficile que mon mari a traversée car il tient un salon de coiffure et n'a pas pu travailler, il a pu profiter des enfants comme jamais. Jude a beaucoup joué avec son papa. Les enfants ont eu beaucoup d'attention malgré le stress et l'anxiété avec les factures qui tombent. C'est le quotidien de beaucoup de personnes. Après, on profite de l'instant présent, du bonheur d'être à quatre et d'avoir des enfants en bonne santé. On a aussi de la chance de ne pas faire de télétravail. Ça, ça doit être pénible aussi bien pour les parents que pour les enfants. »

Jane est trop petite mais est-ce que Jude vous parle du virus ?

« Oui, on a été beaucoup plus vigilent au niveau de l'hygiène, surtout à l'arrivée de Jane. On lui a appris à se laver les mains plus régulièrement. C'est la première chose qu'il fait en revenant de l'école. C'est un petit garçon qui comprend beaucoup de choses. Il y a certains changements qu'il ressent. Mais ça fait partie de sa vie aujourd'hui. J'ai l'impression que les enfants sont habitués aux masques. Jude n'en met pas mais il m'a supplié de lui en acheter un avec des dinosaures parce qu'il l'avait vu dans un magasin. Pour lui, c'est comme des nouvelles baskets. Je ne crois pas que ce soit trop difficile à vivre pour lui parce qu'il continue d'aller à l'école. À part les vacances, les restaurants, les plaines de jeux couvertes ou ce genre de choses qu'on ne peut plus faire, je ne crois pas qu'il se rende compte de grand-chose. Par contre, il connaît bien le vocabulaire lié au Covid, comme les masques FFP2, ça fait un peu bizarre (rires). »      

Vous êtes assez active sur les réseaux sociaux. Certaines personnes n'osent pas mettre de photos de leurs enfants sur le web. Vous, vous êtes assez transparente au niveau de votre vie privée. Pourquoi ce choix ?

« Je me suis posé la question bien sûr mais ça fait partie de ma vie. Ce que je poste sur Instagram en est une toute petite partie. Je parle de ce dont j'ai envie. Tant que j'ai les rennes en main et que je contrôle les choses, ça me va. Le jour où mes enfants me diront que ça leur pose problème, je serai bien sûr à leur écoute. J'ai installé un échange avec les téléspectateurs et mes abonnés. Je ne voyais pas la nécessité de cacher la tête de mes enfants et j'assume pleinement ce choix. Mais peut-être qu'un jour ça changera, on verra. Je ne voudrais pas qu'eux soient la cible d'insultes ou de menaces. Ça, c'est quelque chose qui me fait peur, le harcèlement. Je ne suis pas encore là-dedans parce que mes enfants sont encore petits mais c'est quelque chose qui m'inquiétera à l'avenir.»  

Vous avez abordé le manque de sommeil des parents dans un post Instagram. Et vous avez été critiquée pour cela. Comment avez-vous vécu cette polémique ?

« C'est vrai qu'il y a parfois des commentaires un peu méchants mais c'est peut-être de la frustration à évacuer à cause de ce que l'on vit tous. J'essaie souvent de comprendre ce genre de messages. Tout peut être critiqué. J'essaie de ne pas faire attention et de passer au-dessus de ce genre de commentaires insultants car sinon, c'est ton quotidien et ta vie de famille qui en prennent un coup. Il faut se blinder. »

Qu'est-ce qu'un bon parent, selon vous ?

« Pour moi, ce n'est pas la quantité de temps que l'on passe avec ses enfants qui est importante mais la qualité. C'est être investi dans son rôle de parent tout en s'octroyant des moments pour soi et pour son couple. »

Qu'est-ce qui est primordial dans l'éducation d'un enfant ?

« Il y a tellement de paramètres. La première chose, c'est que mes enfants acceptent la différence, qu'ils soient ouverts d'esprit. Notre rôle de parents, c'est de leur apprendre la tolérance. C'est tellement important d'accepter l'autre dans sa différence. Et je n'ai même pas envie de prononcer le mot différence parce que je trouve déjà qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Pour moi, le plus difficile dans l'éducation, c'est que mon fils m'écoute. Je répète parfois 15 fois la même chose, ça rentre par une oreille, ça sort par l'autre. Mon fils connaît parfaitement l'alphabet mais les jours de la semaine, tu peux lui répéter sans arrêt, il oublie toujours le vendredi (rires). Il faut pouvoir être patient et respecter le rythme de son enfant. »

Pensez-vous que votre notoriété a une influence sur vos enfants ?

« Sur ma fille, pas du tout. Sur Jude, oui bien sûr. Au début, il pensait que tous les parents passaient à la télé. Un jour, il a vu Alix Battard au JT et il m'a dit : ‘C'est la maman de qui ?'. Il pensait que j'allais lui donner le nom d'un camarade de classe. Puis, il a compris ce que je faisais comme métier. Le fait qu'on me dise bonjour dans la rue, qu'on me demande le temps qu'il va faire ce week-end ou qu'on me parle d'une émission que j'ai faite, il comprend et il accepte. Mais je ne pense pas qu'il me considère comme quelqu'un de différent, je suis sa maman. »

Comment voyez-vous votre famille dans 20 ans ?

« J'ai parfois envie d'aller à l'étranger. Pas pour l'instant car j'ai mes parents qui vivent par ici mais pourquoi pas dans le futur ? L'Espagne et son climat m'attirent beaucoup. Je ne pense pas que je serai toujours à la télévision dans 20 ans. En tout cas, j'espère avoir toujours cette jolie famille unie et en bonne santé. »

« Avec Jude, on ramasse les déchets quand on va se promener »

La météo, c'est votre quotidien, est-ce que Jude s'y intéresse ?

« Oui, c'est mignon parce qu'à cinq ans, il connaît déjà beaucoup de termes. Une fois, il m'a dit : ‘la nébulosité est variable' (rires). À leur école, ils doivent chacun à leur tour présenter la météo, alors quand je sais que c'est son jour, je lui donne des conseils. Et ensuite, il peut les répéter à ses copains.»

Est-ce important pour vous de sensibiliser vos enfants au changement climatique ?

« Oui, bien sûr, je le fais déjà. Le dimanche quand on va se promener dans les champs pas loin de chez moi avec Jude, on prend un sac-poubelle et on ramasse les déchets. Je lui apprends à éteindre les lumières, à trier les déchets, ce genre de choses. Après, je ne pense pas que ce soit à cause de mon métier. À l'heure actuelle, tout le monde est sensibilisé au changement climatique et aux gestes quotidiens qu'on doit appliquer pour aller vers un mieux. Quand j'étais enfant, jeter une canette par la fenêtre, c'était un geste courant, maintenant c'est révoltant. Les mentalités changent. Et c'est important d'inculquer ça à nos enfants. Il faut leur donner les bonnes cartes pour jouer. »