Deux femmes s'embrassent devant un député russe homophobe et font le buzz

Deux femmes s'embrassent devant un député russe homophobe et font le buzz

Les internautes russes se passionnaient mardi pour le "selfie" de deux militantes russes des droits des homosexuels qui se sont prises en photo en train de s'embrasser devant Vitali Milonov, un député de Saint-Pétersbourg auteur d'une loi controversée sanctionnant la "propagande" homosexuelle.

Les deux femmes étaient dans l'avion reliant Saint-Pétersbourg à Moscou lorsqu'elles ont aperçu Vitali Milonov, membre de l'assemblée locale de l'ancienne cité impériale, connu pour ses prises de positions homophobes. Elles ont alors décidé de s'immortaliser en train de s'échanger un baiser, avec le député en arrière-plan.

Le "selfie", du nom des autoportraits souvent pris avec un smartphone, a ensuite été posté sur la page Vkontakte - l'équivalent russe de Facebook - de l'une des jeunes femmes, militante de la cause lesbienne en Russie. La photo, depuis partagée par des milliers d'internautes, a fait le tour du web russe. "Milonov lui-même ne nous a rien dit", raconte la jeune femme qui l'a diffusée, et qui se fait appeler "Kseniya Infinity". "Nous sommes très heureuses. Lui, peut-être pas. On s'en fiche!".

Le député, a condamné une "session photo fondée sur la stupidité". "Cela montre que tous les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) sont des attardés mentaux. Elles font une overdose des soi-disant valeurs européennes", a-t-il déclaré à l'AFP. M. Milonov, qui multiplie les déclarations fracassantes contre les homosexuels, appelant entre autres à "une police des moeurs" ou organisant des "raids" dans des clubs gays, est aussi connu pour avoir été à l'origine du vote d'une loi condamnant pénalement toute "propagande" homosexuelle devant mineurs, et qui a soulevé de nombreuses critiques dans les pays occidentaux.

Les défilés de la fierté homosexuelle sont systématiquement interdits en Russie, où l'homosexualité était considérée comme un crime jusqu'en 1993 et comme une maladie mentale jusqu'en 1999, et où l'homophobie s'exprime souvent ouvertement. Les homosexuels subissent des violences croissantes, souvent tolérées, voire "encouragées", par les autorités, a dénoncé en décembre l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW).

Ph: Daily Mail