Des "Natures mortes" toujours très vivantes à Bozar

Des "Natures mortes" toujours très vivantes à Bozar

La nature morte, quoique pratiquée depuis la nuit des temps, deviendra un sujet à part entière à partir du 17e siècle et, en Espagne, elle s'inspirera tout d'abord de la tradition flamande en y joignant des scènes de genre et occupant ainsi une place unique dans le contexte européen, développant un langage visuel propre.

Les 'Bodegones' du 17e siècle se caractérisent par une mise en oeuvre sobre et épurée et elles comptent parmi les réalisations les plus emblématiques du genre. Malgré sa popularité auprès des donneurs d'ordre et des cours royales, la nature morte demeure assez méconnue, étant considéré comme un exercice de composition de type académique maniant couleur et texture avec un intérêt essentiellement décoratif. Et pourtant, il s'agit bien d'un domaine plus que passionnante de l'histoire de l'Art.

De Goya à Picasso

L'immense variété des objets représentés, comme des tables dressées avec des aliments, des fruits et du gibier, des trompes-l'oeil et même des scènes de cuisine, foisonne souvent de symbolisme et de messages moralisateurs.

C'est ainsi que Goya, par exemple, représente souvent la mort par le biais d'animaux décédés, véritables métaphores reflétant la précarité de la vie et la fatalité de l'existence.

L'évolution du genre est elle aussi passionnante depuis la période baroque des 17e et 18e siècles à son renouveau du 20e siècle grâce aux artistes d'avant-garde pratiquant le Cubisme avec à leur tête Pablo Picasso..

La dernière exposition d'envergure consacrée aux natures mortes espagnoles remonte à près de 20 ans et fut organisée au Musée des Beaux-Arts de Bilbao en 1999.

Quatre thématiques

Celle qui se tient à Bruxelles s'appuie sur quatre grandes thématiques et est développée par siècle. D'abord le 17e siècle avec des oeuvres phares réalisées par Juan Sanchez Cotan, le père du genre qui influencera plusieurs générations d'artistes.

Après ces premières 'Bodegones', l'exposition s'élargit en abordant les interprétations très personnelles de Velasquez, Francisco de Zurbaran et Goya, et puis propose des oeuvres plus expérimentales de Picasso, Miro ou encore de Dali avant de s'attacher au travail d'autres artistes espagnols contemporains, comme Antonio Lopez et Miquel Barcelo.

C'est Angel Aterido, docteur en histoire de l'Art et grand spécialiste du sujet, qui a été chargé de sélectionner les oeuvres d'art exposées. Celles-ci proviennent de collections privées et publiques espagnoles, mais aussi de grands musées comme la National Gallery de Londres, le Centre Pompidou de Paris, le Moma de New York ou encore le San Diego Museum of Art.

www.bozar.be