Bruxelles pour foodies : Cinq coups de coeur à découvrir

Bruxelles pour foodies : Cinq coups de coeur à découvrir

Après un tome 1 qui a rencontré un joli succès, elle nous revient avec ses nouvelles adresses coups de cœur « pour manger, goûter, mais aussi se retrouver et échanger ». «Brussels' Kitchen - Les nouvelles adresses food & style », ce sont près de 75 lieux à découvrir pour se faire plaisir.

Ce 2e tome, c'est une actualisation ?

« Non, c'est une suite. On a utilisé le même système par quartier vu par les Bruxellois (Châtelain, Saint-Catherine, etc.). Il y a également des interviews mais aussi des recettes. J'ai rencontré des personnes qui ne sont pas nécessairement chef ou cuisinier, mais qui contribuent à leur manière. Par exemple, Ben Van Hoo est fleuriste et il fournit beaucoup d'établissements à Bruxelles. J'ai aussi rencontré Marie Brisart qui est une céramiste et qui a créé de nombreuses assiettes. Mais je ne parle jamais d'un resto si j'ai eu une mauvaise expérience. J'ai pris le parti de ne pas critiquer négativement. L'horeca, c'est tous les jours un show, et c'est assez facile de descendre un établissement alors qu'il peut très bien avoir eu un mauvais jour. »

En trois ans, avez-vous constaté un ‘ turn over' à Bruxelles, des établissements qui ouvrent et qui ferment ?

« Dans l'horeca énormément. Mais ce qui est amusant, c'est que lors de la réimpression du premier tome, on n'a dû changer que trois restos sur 90. Donc, j'ai l'impression que les bonnes adresses restent quand même un peu plus longtemps. »

Quels sont vos critères de sélection ?

« D'abord, on ne va jamais manger sur invitation, on paye toutes nos additions pour rester objectif. On vit notre propre expérience, et si le livre s'appelle également ‘food and style', c'est parce que je fais très attention à l'esthétique ainsi qu'à la façon dont on est reçu. Un resto, c'est de la bouffe, mais aussi des détails comme les fleurs, la céramique, le service, l'atmosphère, etc. Ces adresses sont des endroits où l'on peut passer un bon moment avec l'envie de partager. Soit il y a une attention particulière au graphisme et à la déco, soit c'est une histoire de famille où l'on ressent une âme. »

Au niveau des vins, la tendance est très forte du côté des ‘nature'.

« Ce n'est pas une obligation d'avoir du vin nature. Les restaurateurs veulent surtout travailler avec des gens qui font bien leur métier. La tendance aujourd'hui, c'est surtout d'avoir des fournisseurs qui travaillent bien, que ce soit au niveau du vin ou des produits de saison. Les chefs qui m'intéressent ont souvent une vision globale, autant au niveau vin que des produits ou de la déco. Ils travaillent de manière éthique et juste. D'ailleurs, en parlant de vin, on n'est plus dans le classique avec une carte interminable. On est davantage dans les coups de cœur. »

Quels sont les concepts qui cartonnent pour le moment ?

« J'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de bars de journée où on peut aller autant pour le petit déjeuner que pour des cocktails le soir. On sent également que les petites adresses aiment beaucoup écrire sur leur carte la provenance des objets et des produits. Il y a une vraie volonté de traçabilité, et cela va même jusqu'à l'architecte ou l'artisan local. Je vois également une tendance vers les ‘bars à', pas seulement les vins, mais à n'importe quoi. J'ai vu qu'un bar à semoules allait ouvrir, une autre façon d'appeler le couscous. C'est pour essayer de mettre un concept là où il n'y en a pas vraiment. En tout cas, le mono-produit cartonne. Enfin, ce qui marche également très fort à Bruxelles, ce sont les bars à café de spécialité. Ca fleurit un peu partout. Du coup, les autres établissements se mettent lentement à niveau. D'ailleurs, j'ai toujours été étonnée par le fait que les étoilés n'accordaient aucune attention au café. »

Ce retour à une cuisine plus nature et authentique est une mode ou une lame de fond sur du long terme ?

« D'un point de vue écologique, on peut difficilement en sortir. Tout le monde essaye de faire à sa manière, de réduire son impact écologique. Quand on travaille la nourriture, on est vraiment au début de cette chaîne. Je ne pense pas que ce soit une mode. C'est une tendance que l'on a adoptée parce qu'elle est réaliste. D'ailleurs, il y a de plus en plus d'adresses qui en sont même au ‘zéro déchet', et qui utilisent les pelures pour des chips ou les fanes carottes. Et ce n'est même pas pour des raisons économiques parce que cela peut demander plus de temps au niveau de la main-d‘œuvre.»

Pierre Jacobs

Chloé Roose, «Brussels' Kitchen - Les nouvelles adresses food & style », éditions Racine, 224 pages, 19,95 €

www.brusselskitchen.com / www.racine.be

Cinq coups de cœur

El Mexicanito

« Un vrai restaurant mexicain, cela manquait à Bruxelles, d'autant qu'on a eu beaucoup de chaînes tex-mex de tacos de blé. Cela fait quelques années que je voyage en Amérique centrale, et j'ai encore moins envie de manger de l'industriel. A El Mexicanito, ils font tout minute, même la tortilla de maïs, et ils font ça super bien. C'est de la vraie nourriture mexicaine. »

29 rue Saint-Boniface - 1050 Ixelles

Le Bout de Gras

« On y va autant pour le chef que pour la bouffe. C'est un vrai personnage, et c'est excellent. Et c'est aussi une adresse qui associe parfaitement cuisine et vins. Il travaille avec des vins nature parfois rock'n'roll mais qui sont souvent exceptionnels. Je pensais que le nom ‘Bout de Gras' évoquait la viande, mais cela vient de ‘tailler un bout de gras entre copains'. C'est une adresse de potes pour passer un bon moment. »

89 rue Américaine – 1050 Ixelles

Le Petit Racines

« Tout est fait maison. Racines était déjà un restaurant coup de cœur, mais ils ont ouvert un peu plus loin le Petit Racines qui est pour moi le meilleur rapport qualité-prix de la ville. On est entre 14 et 18 € pour des pâtes fraîches avec des produits de dingue. Et les vins sont toujours excellents. »

347 chaussée d'Ixelles – 1050 Ixelles

Saké Bar Brussels

« Le saké a été pour moi une révélation. C'est tellement méconnu. Ce n'est pas ce mauvais alcool servi dans les restos chinois, ça se boit comme du vin. Ils travaillent avec un sommelier en saké, ils font des masterclass et aussi des ateliers Saké pairing avec des menus dégustations. C'est un coup de cœur pour le saké mais aussi pour la cuisine japonaise. Ce n'est pas un bar à ramen ou à sushis. C'est surtout ici une cuisine familiale. »

17 rue Juste Lipse – 1040 Etterbeek

Old Boy

« C'est l'adresse où l‘on va et où l'on retourne. C'est un endroit qui ne va pas désemplir de sitôt. C'est un concept de petits plats à partager. La cuisine est d'inspiration thaï ou vietnamienne un peu revisitée. Il y a ce magnifique bar sur lequel on s'attable ou toutes ces petites tables où l'on peut aller sans réservation. Et ils sont aussi des vins incroyables puisqu'ils travaillent avec l'ancien sommelier de chez Racines. » 1

10 rue de Tenbosch – 1050 Bruxelles