Bicep de retour avec un album aussi bon qu'attendu

Bicep de retour avec un album aussi bon qu'attendu

En 2017, vous sortiez «Bicep», votre premier album éponyme. Qu'est-ce qui a évolué dans votre démarche artistique plus de trois ans plus tard?

Matthew McBriar: «On a essayé d'aller beaucoup plus en profondeur. Je pense que l'un des gros problèmes que l'on a rencontré sur ‘Bicep', c'est que l'on a voulu que ça soit à moitié pour les clubs, et à moitié pour une écoute à la maison. Lors de la tournée de deux ans qui a suivi, on s'est rendu compte que certains morceaux n'étaient pas faits pour les concerts. On a donc voulu que le tout soit cohérent, mais que les titres puissent aussi exister indépendamment. Et en live, ce sera une expérience totalement différente, qui sera là pour compléter celle d'une écoute de l'album. Pour nous, l'un ne va pas sans l'autre.»

Est-ce que vous avez ressenti de la pression après le succès de votre premier album?

M.: «On ne pensait pas que l'on ressentirait cette pression, mais le fait est que l'on a produit beaucoup de titres qui ont fonctionné indépendamment de la sortie du premier album, et on s'est donc beaucoup demandé si on arriverait à reproduire ça.»

Andrew Ferguson: «Il n'y avait clairement pas beaucoup de cohérence sur ‘Bicep', mais cela a plu. On savait que ça avait été le cas pour une bonne raison, et que si on se détachait trop de ça, on pouvait perdre le soutien de notre public. On a tenté de retrouver les sentiments qui avaient été les nôtres lors du premier processus, et de les développer.»

Vous avez produit plus de 150 démos ces dernières années. Comment avez-vous réussi à n'en sélectionner que dix?

A.: «En fait, cela n'a pas été aussi compliqué que ça cette fois-ci, parce que l'on savait exactement ce que l'on cherchait. Un morceau est terminé lorsque tu ressens qu'il en émane une musicalité et une identité, quel que soit le clavier ou la batterie que tu mets dessus. Et ces trouvailles sont assez rares.»

M.: «À l'origine, on s'est basés sur ‘Atlas', dont on a tout de suite perçu le potentiel. On a ensuite pu organiser le reste de l'album autour de ce titre. Cela nous a aidés dans notre réflexion, car certains morceaux n'allaient pas bien avec le titre et ils étaient donc exclus d'office.»

Le nom de l'album «Isles» fait référence à vos origines irlandaises. Comment est-ce que cela a influencé votre musique?

M.: «La moitié de notre vie, nous l'avons passée en Irlande, et l'autre moitié s'est déroulée à Londres. À Belfast, les gens sont très conservateurs et religieux, ce qui implique qu'une culture underground s'est développée. À Londres, c'est un gigantesque mélange de cultures où tout le monde fait ce qui lui plaît. Cette dualité et ses sentiments partagés se retrouvent d'une certaine manière dans notre musique.»

On retrouve ce mix de cultures sur de nombreux titres de l'album, dont «Apricots» et «Saku»…

M.: «Notre objectif principal est toujours d'obtenir une harmonie ou une émotion. On utilise parfois des pistes d'horizons totalement différents (NDLR: des chants traditionnels Malawi ou un groupe bulgare des années 50), que l'on essaie sur plusieurs morceaux avant de se dire que l'on tient quelque chose. Ce sont des échanges constants entre les différents titres de l'album. Pour chaque réussite, il y a au moins 20 échecs derrière. C'est un bazar organisé!»

«Lido» marque le milieu de l'album et est beaucoup plus calme. Était-ce une sorte de grande respiration nécessaire pour mieux réattaquer à un rythme frénétique?

A.: «C'est en quelque sorte un entracte et c'était vraiment indispensable pour ‘Isles'. Ce contraste permet aussi de donner beaucoup plus de puissance au morceau suivant, ‘X'. Si ce break n'avait pas été là, ça aurait sans doute été ‘too much' pour les auditeurs (rires). Cela nous plaît de ne pas être dans une façon linéaire de composer la musique.»

En Belgique, vous avez un succès monumental…

M.: «Ce qui se passe chez vous est assez ahurissant. À chaque fois que l'on est venus, on a été très impressionnés par l'accueil que vous nous avez réservé. Il y a une histoire forte avec la musique électronique sur vos terres et on ressent une énergie particulière. Nos shows ont évolué en même temps que nos venues en Belgique, donc nous sommes très attachés à votre pays.»