Atteinte d'un cancer, elle ne peut pas financer son traitement : « je suis une victime collatérale de la Covid-19 »

Atteinte d'un cancer, elle ne peut pas financer son traitement : « je suis une victime collatérale de la Covid-19 »

Voilà plus d'un an que toute l'attention est portée au nouveau coronavirus. Mais la pandémie de Covid-19 a eu un impact catastrophique sur le diagnostic et le traitement des autres maladies, et surtout des cancers. Djevie, une Everoise de 55 ans, en fait les frais de la plus terrible des manières.

« Je fais partie des victimes collatérales due à la Covid-19 », déclare-t-elle auprès de nos confrères de Sudinfo. Au mois d'août, Djevie apprend qu'elle est atteinte d'un cancer de l'estomac. Un cancer détecté bien trop tardivement.

« Au début, on parlait d'ablation de l'estomac et de la chimiothérapie. Puis on m'annonce que des métastases se sont développées au niveau du péritoine », explique-t-elle. « Le verdict tombe, c'est incurable. » Depuis, une question la hante sans cesse : aurais-je pu en guérir s'il n'y avait pas eu cette crise sanitaire et s'il avait été détecté plus rapidement ? « Je culpabilise de ne pas avoir été consulter plus tôt », confie Djevie.

Un traitement impayable

Depuis septembre, cette maman est sous chimiothérapie. Même si son état reste stable, elle en subit les lourds effets secondaires. Alors, lorsqu'elle apprend la semaine dernière qu'elle pourrait bénéficier d'un traitement par immunothérapie, l'espoir renaît. Non seulement cela améliorerait sa qualité de vie, mais cela pourrait surtout retarder l'échéance.

Malheureusement, cette lueur d'espoir s'éteint rapidement : le traitement [nivolumab] coûte 6.000 € par mois et n'est pas remboursé par l'Inami. « Depuis 8 mois, je vais de déception en déception. D'abord l'annonce du cancer incurable et puis ce médicament qui existe et dont les bienfaits sont prouvés, mais qui est inaccessible », déplore Djevie. « J'ai l'impression d'attendre dans le couloir de la mort. »

Appel aux autorités

Soutenue par Edwin, son fils médecin, Djevie demande au gouvernement d'accorder le remboursement du traitement. « Des discussions seraient en cours... Mais si on attend que les négociations aboutissent d'elles-mêmes, il sera trop tard », craint son fils.

« C'est maintenant que j'en ai besoin. Je veux continuer à vivre. Ma plus grande peur est d'abandonner mes enfants », insiste sa maman, qui a tenté de plaider sa cause dans une lettre adressée au ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit) : « J'espère que vous ne serez pas celui qui m'empêche de continuer le combat contre la maladie », conclut-elle.

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