Accord de gouvernement pour la Vivaldi, Alexander De Croo sera Premier Ministre

Accord de gouvernement pour la Vivaldi, Alexander De Croo sera Premier Ministre

Après 16 mois de crise, la Belgique peut enfin compter sur un nouveau gouvernement fédéral, disposant d'une majorité parlementaire.

Ce mercredi matin, le Roi a reçu brièvement en audience les formateurs Alexander De Croo (Open Vld) et Paul Magnette (PS). La mission du duo est prolongée jusqu'à la nomination du gouvernement. Les deux formateurs se sont exprimés au cours d'une conférence de presse depuis le Palais d'Egmont.

"Nous avons corrigé le mal que nous avons fait"

Dans leur déclaration conjointe, les coformateurs ont insisté sur le respect mutuel qui devrait guider la politique à l'avenir, après des semaines de tensions et de « clashs » entre responsables politiques. « Nous n'avons pas toujours montré le bon exemple ces derniers mois », reconnaît Paul Magnette. « Mais ces cinq derniers jours nous avons un peu corrigé le mal que nous avons fait au préalable. »

Bien conscient que la confiance des citoyens dans la politique s'est érodée, le socialiste évoque un « travail énorme à faire pour regagner cette confiance ». Et d'ajouter: « Notre pays a besoin de sérénité, de respect, d'un personnel politique qui n'est pas là d'abord pour se disputer mais pour être au service des citoyens ».

Le futur Premier ministre Alexander De Croo a d'ailleurs assuré que le nouveau gouvernement fédéral entend travailler autrement. "Je réalise que beaucoup de gens sont sceptiques, disent qu'ils veulent voir avant de croire. A nous de prouver qu'on travaille, qu'on a les bonnes priorités, qu'on a les pieds bien dans le sol. Cet accord est un point de départ pour faire de la politique autrement, avec plus de pragmatisme et de respect", a souligné Alexander De Croo, insistant sur le travail d'équipe et l'esprit de collaboration qui a permis la mise sur pied de la coalition Vivaldi.

"Le travail qui nous attend est énorme", a-t-il ajouté. Le libéral a rappelé les défis que devra affronter le nouveau gouvernement, à commencer par la crise du coronavirus.

Les discussions se poursuivent

La prestation de serment du Premier Ministre et des membres du gouvernement aura lieu demain jeudi 1er octobre 2020 à 10h00. Alexander De Croo succédera à Sophie Wilmès qui avait elle-même pris le relais de Charles Michel. Le futur Premier ministre a eu un lapsus qui n'est pas passé inaperçu, rebaptisant Mme Wilmès Sophie Michel.

Si les négociateurs de la coalition Vivaldi (libéraux, socialistes, écologistes et le CD&V) sont parvenus à un accord de gouvernement, les négociations sur la répartition des compétences ne sont cependant pas encore terminées. Elles se poursuivront ce mercredi entre les présidents de parti.

Sept ministres néerlandophones et sept francophones devraient entourer le nouveau Premier ministre. A ces quinze personnalités pourraient encore s'ajouter l'un ou l'autre secrétaire d'Etat.

Selon toute vraisemblance, chaque famille politique devrait obtenir des portefeuilles proches de leur centre d'intérêt. On évoque par exemple un vaste portefeuille social pour les socialistes, un portefeuille régalien pour les libéraux ou encore les écologistes à l'énergie et l'environnement.

Un accord équilibré, se félicitent les négociateurs

Plusieurs présidents de parti se sont félicités mercredi de l'accord conclu en vue de former un gouvernement fédéral. A les entendre, il s'agit d'un accord équilibré qui fait la synthèse entre les aspirations des sept partis politiques de la coalition Vivaldi.

"Tout le monde cherche toujours quelle est la touche des uns ou des autres dans un accord. Ce qui compte ici, c'est l'équilibre atteint entre les éléments de tous les partis", a fait remarquer le président du CD&V, Joachim Coens.

"C'est un accord équilibré, ce n'était pas simple car il y avait sept partis autour de la table. Il y a des éléments de développement durable, des éléments sociaux et des éléments de développement économique. C'est un accord assez équilibré pour faire face aux défis de notre pays", a commenté pour sa part le président du MR, Georges-Louis Bouchez.

Le libéral francophone met aussi en avant les mesures qui seront prises en faveur de la sécurité ou d'une politique de retour des personnes en séjour irrégulier. Il insiste également sur l'absence de taxe nouvelle sur la classe moyenne et les travailleurs, même s'il reconnaît que les "personnes qui ont les plus grandes capacités contributives seront sollicitées pour des objectifs de santé publique, mais de façon très limitée".

"C'est un accord fort. Maintenant, au boulot. Ce gouvernement va investir dans le pouvoir d'achat, les pensions, la santé", a résumé le président du sp.a, Conner Rousseau.

"C'est un accord qui donne un nouvel élan, un avenir à la Belgique avec, en son cœur, la transition écologique et solidaire", a lancé la co-présidente d'Ecolo, Rajae Maouane.

La future opposition partagée

La future opposition apparaît, quant à elle, partagée entre félicitations et contestation. Les responsables de plusieurs partis ont réagi ce mercredi matin à l'annonce d'un accord de gouvernement.

DéFI et le cdH souhaitent le succès du futur Premier ministre Alexander De Croo, tandis que le PTB et la N-VA annoncent déjà une opposition dure.

Raoul Hedebouw, chef de groupe PTB à la Chambre, évoque un "gouvernement des promesses trahies" à la lecture du contour de l'accord de gouvernement. Il dénonce notamment l'absence du retour à la pension à 65 ans et de l'impôt sur la fortune. "La poursuite de la politique libérale du gouvernement Michel", écrit-il sur Twitter. "Je promets une chose: une forte opposition de gauche."

La N-VA dénonce par ailleurs un gouvernement sans majorité et sans "légitimité démocratique" côté flamand. Sur Twitter, le député nationaliste Theo Francken prend la pose poing serré devant un drapeau nationaliste flamand et promet de combattre le projet gouvernemental "sur terre, en mer et dans les airs".