VIDEO. Plusieurs personnes gazées après la Boum 2: « la violence gratuite n’est pas justifiée »

Ph. Instagram

Plusieurs personnes ont accusé la police de violences après la Boum 2 organisée samedi 1er mai à Bruxelles.

De nombreuses personnes ont été victimes de ce qu’elles ont décrit comme des actes de violence policière gratuite et injustifiée. Ces faits se sont produits samedi soir, dans les suites de La Boum 2, hors du périmètre du Bois de la Cambre, dans les rues situées aux alentours de l’ULB et du côté d’Uccle. Plusieurs de ces faits ont été filmés et sont en train d’être compilés par des collectifs qui s’organisent pour lancer une action en justice contre la Ville de Bruxelles.

Une vidéo montre ainsi Virginie Van Lierde, la co-fondatrice du mouvement Trace ton Cercle, se faire gazer à bout portant par un policier sur la chaussée de Bruxelles, rapporte Sudinfo. Cet incident s’est produit après qu’elle a vu un policier se jeter sur un jeune et le frapper avec sa matraque. « Nous souhaitons voir ce qui se passe, nous sentons que les policiers sont extrêmement tendus », raconte-t-elle dans un long texte publié dans le groupe Trace Ton Cercle. « J’ai le temps de dire « Je suis une mère » et nous nous faisons gazer. À 20 cm du visage. Si nous ne portions pas de lunettes, les dégâts seraient catastrophiques, nous a dit le médecin consulté ce soir. » « Les policiers sont sous pression mais la violence gratuite dont j’ai été témoin n’est pas justifiée », dénonce une riveraine qui a filmé la scène depuis son balcon.

Gazée à l’arrêt de tram

Maria, quant à elle, attendait son tram quand elle a échappé de justesse à un spray au poivre dans le visage. « Il devait être 20h30, je venais de quitter la manif dans le Bois », raconte cette Bruxelloise. « J’avais traversé la barrière de policiers sur l’avenue de l’Orée et soudain, un homme a surgi du Bois poursuivi par d’autres policiers. Ils ont alors envoyé des lacrymogènes partout. J’ai réussi à fuir et rejoindre l’arrêt de tram en face du campus du Solbosch. J’attendais tranquillement quand l’autopompe a surgi. Les chauffeurs du véhicule s’acharnaient sur un individu, un noir qui avançait dans la rue. Un groupe de filles à mes côtés s’est mis à crier sur la police pour leur demander d’arrêter. Et c’est là que sont arrivés les Robocop ! »

Maria explique que les policiers ont surgi par-derrière et ont gazé toutes les personnes présentes. La Bruxelloise a tout juste eu le temps de se protéger derrière la vitre de l’abribus pendant que les adolescentes en prenaient plein les yeux. « Un policier a crié « dégage salope ». Une fille qui a reçu du spray au poivre dans les yeux a hurlé pendant une demi-heure. La police nous a encore demandé de partir mais on leur a répondu qu’on attendait le tram. C’est arrivé tellement vite… »

À deux pas de là, sur l’avenue du Pesage, cinq jeunes ont été rudement interpellés par la police alors qu’ils se revenaient tranquillement du Bois. Une vidéo filmée par un riverain les montre se faire interpeller, gazer, jeter à terre. Pendant que deux garçons sont immobilisés par les policiers, leurs sacs, qui contenaient apparemment des bouteilles en verre, sont jetés au sol et le contenu explose. Une fille de la bande se fait gazer à bout portant. Ces jeunes ont ensuite été retenus en garde à vue pendant cinq heures. À la vue des nombreuses vidéos qui tournent sur les réseaux sociaux, certains se demandent si la police n’a pas perdu les pédales ce soir-là.

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