Marine Le Pen relaxée après la diffusion sur Twitter d’exactions du groupe EI

AFP / B. Guay

La justice française a relaxé mardi la patronne de l’extrême droite Marine Le Pen, poursuivie pour avoir diffusé en 2015 des photos d’exactions du groupe Etat islamique, expliquant notamment son jugement par le respect de la liberté d’expression.

Le tribunal de Nanterre, près de Paris, a par ailleurs reconnu «une vocation informative» dans la diffusion de ces images, laquelle «s’inscrit dans une démarche de protestation politique». La diffusion «contribue au débat public» dès lors qu’elle ne «banalise pas» la violence.

La présidente du Rassemblement national (RN) était poursuivie pour diffusion de messages violents ou portant gravement atteinte à la dignité humaine, susceptibles d’être vus par un mineur. Le parquet avait requis 5.000 euros d’amende.

Dans le viseur de l’accusation, des tweets publiés en décembre 2015, quelques semaines à peine après les attentats djihadistes, revendiqués par le groupe EI, de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015 (130 morts et des centaines de blessés).

Trois photos

Dans une France traumatisée par les attentats, Marine Le Pen avait relayé trois photos d’exactions du groupe djihadiste, montrant un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d’un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et le corps décapité du journaliste américain James Foley, la tête posée sur le dos.

Elle y avait ajouté les mots: «Daesh, c’est ça!», en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu’elle accusait d’avoir «comparé» le groupe EI (aussi connu sous son acronyme arabe Daesh ou Daech) et l’extrême droite lors d’une émission.

Ces publications avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la gauche – alors au gouvernement – comme de la droite, et au-delà du monde politique.

Réponse « cohérente »

Mardi, le tribunal a considéré que la diffusion de ces images constituait une réponse «cohérente» de Mme Le Pen à «une attaque polémique».

Par ailleurs, le tribunal a jugé que la diffusion ne revêtait «aucun caractère prosélyte dès lors que les images étaient accompagnées des commentaires» rédigés par les élus qui n’ont ainsi pas «banalisé» ou «présenté sous un jour favorable la violence».

«C’est une grande victoire pour le droit car était en jeu dans ce dossier la liberté d’expression, cette liberté d’expression a été reconnue comme totale pour un responsable politique de premier rang», a déclaré à la presse Rodolphe Bosselut, conseil de Mme Le Pen.