Sorties BD : De la musique, de la science-fiction et la folle histoire de la mondialisation

Ph. T. Wallemacq

Pour commencer ce mois de mai en beauté, voici trois nouveautés BD dans des styles très variés avec « Underground », « L’homme qui inventait le monde » et « La folle histoire de la mondialisation ».

« Underground »

Il est probable que vous n’ayez jamais entendu parler de la plupart des artistes dont le destin est évoqué dans « Underground », un volumineux album de 300 pages sous-titré « Rockers maudits & grandes prêtresses du son ». Qu’importe, l’essentiel n’est pas là. Le but est justement de mettre en lumière des hommes et des femmes méconnus du grand public et qui ont marqué à leur manière l’histoire de la musique. Vous découvrirez une trentaine de récits captivants à la fin desquels vous risquez de n’avoir qu’une envie : taper le nom de cet artiste sur YouTube pour écouter ce qu’il a fait. Musicalement, vous risquez parfois d’être déçu. Mais vous tomberez aussi sur des petites pépites méconnues (allez donc écouter « Life In Vain » de Daniel Johnston). Dans tous les cas, vous replongerez toujours avec autant de plaisir dans le récit suivant. Arnaud Le Gouëfflec et Nicolas Moog ont un réel talent pour raconter les histoires et résumer une vie, une œuvre, en quelques pages. Ça se lit merveilleusement bien et ça marque les esprits. « Underground » est un must pour tous les mélomanes !

« Underground », de Le Gouëfflec et Moog, éditions Glénat, 312 pages, 30 €

Underground

« L’homme qui inventait le monde »

La science-fiction est un genre qui abonde dans la bande-dessinée avec notamment de longues et nombreuses sagas qui ont parfois un peu trop tendance à se ressembler. Dans ce contexte, « L’homme qui inventait le monde » de Rodolphe et Marchal, qui vient de sortir aux éditions Dargaud, a réussi à nous séduire. Tout d’abord, c’est une histoire complète (et bien ficelée !) d’un peu plus de 70 pages. Ensuite, c’est une œuvre avec de nombreux éléments de science-fiction mais qui intègre également beaucoup d’humanité, avec deux protagonistes qui pourraient (presque) être comme vous et moi et des endroits, de New York à Dakar qui existent bel et bien sur Terre. Le pitch ? Le capitaine John est le seul rescapé d’une mission d’exploration aux confins du cosmos. Depuis son retour, il souffre d’étranges migraines et de cauchemars. Alors qu’il se repose sur Dak3, une île artificielle construite dans la baie de Dakar, il rencontre sa nouvelle voisine, la lieutenant Charlène Barrymore. Dans un monde futuriste, en proie à un conflit spatial et où les quelques humains sont fliqués comme jamais, une grande aventure attend ce duo. Une belle surprise !

« L’homme qui inventait le monde », de Rodolphe et Marchal, éditions Dargaud, 80 pages, 16,5 €

« La folle histoire de la mondialisation »

Après l’immense succès d’« Economix », qui s’est écoulé à plus de 250.000 exemplaires, les éditions Les Arènes sont de retour avec une nouvelle BD économique. Cette fois, c’est la mondialisation qui est expliqué par trois spécialistes en économie internationale : Enzo, Isabelle Bensidoun et Sébastien Jean. La première partie de cet album de près de 250 pages, « Tous dans le même bateau », montre à quel point nous sommes devenus très dépendants les uns des autres. Les auteurs évoquent par exemple la complexité de la fabrication d’un jean et se demandent si les multinationales ont vraiment une nationalité. La deuxième partie, «Il était une fois la mondialisation », revient sur l’histoire de la mondialisation. Enfin, la troisième et dernière partie, s’attarde sur la défiance envers la mondialisation. Les auteurs répondent à des questions importantes comme « La mondialisation fait-elle davantage de perdants que de gagnants ? », « Faut-il relocaliser la production » ou encore « La mondialisation est-elle compatible avec l’environnement ? ». En général, les nombreuses questions soulevées dans cet album sont répondues en moins de 10 pages. Cela rend la lecture et la compréhension plaisantes, aisées et accessibles à tous. On apprend plein de choses et à aucun moment, « La folle histoire de la mondialisation » n’est pompeuse ou ennuyante.

« La folle histoire de la mondialisation », de Enzo, Bensidoun et Jean, éditions Les Arènes BD, 248 pages, 24,9 €