Sorties BD: Wanted Lucky Luke, Gun Crazy et Anatole(s)

Ph. T. Wallemacq

Les nouveautés BD se suivent et ne se ressemblent pas. Au programme de cette semaine : le retour de Lucky Luke, un récit déjanté avec « Gun Crazy » et une vie en bande dessinée avec « Anatole(s) ».

Lucky Luke est de retour

Depuis le 9 avril, un nouveau Lucky Luke est disponible dans toutes les librairies. Ce nouvel album est signé Matthieu Bonhomme (au scénario, au dessin et aux couleurs) qui avait déjà revisité, avec succès, les aventures du célèbre cow-boy en 2016 avec « L’homme qui tua Lucky Luke ». Cette fois, Lucky Luke découvre que sa tête est mise à prix. Celui ou celle qui le capturera vivant touchera une récompense de 50.000 $. Lors de son voyage solitaire, il va venir en aide à trois sœurs contraintes de traverser le territoire apache pour vendre leur bétail. Est-ce pour son charme ou pour la récompense, le cow-boy (qui a arrêté de fumer !) fait l’objet de toutes les convoitises. Une chose est sûre, il n’a rien perdu de sa gâchette ! Ce Lucky Luke version 2021 est très éloigné du personnage créé par Morris en 1946. Mais va-t-on vraiment s’en plaindre ? Entre nostalgie et modernité, avec « Wanted Lucky Luke », Matthieu Bonhomme signe un hommage vibrant et rempli de références au plus célèbre des cow-boys solitaires.

« Wanted Lucky Luke », de Matthieu Bonhomme, éditions Dargaud, 68 pages, 15 €

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Attention, ça déménage !

Après « Il faut flinguer Ramirez » et « Valhalla Hotel», les éditions Glénat dégainent un nouveau road-trip complètement déjanté. « Gun Crazy » emmène les lecteurs chez les redneck, au cœur d’une Amérique profonde qui a mal tourné. On commence par suivre Dolly Sanchez et Lanoya, deux filles bien « badass », spécialistes des armes, qui se donnent en spectacle dans les bars au bord de l’autoroute, prétexte pour dézinguer des « hétéros white trash et des néo-débiles ». Parallèlement, on suit le parcours de Mc Marney, un affreux politicien raciste qui se transforme en Superwhiteman pour commettre d’horrible crimes. Et puis, il y a aussi John St Pierre, un homme violé par un prêtre lorsqu’il était enfant et qui décide de sa venger. Enfin, il y a l’inspecteur Nolti et son chien qui fume. Les chemins de tous ces personnages vont finir par se croiser. Vous l’aurez compris, ça part vraiment dans tous les sens. C’est trash, vulgaire et violent. Ce n’est pas à mettre entre toutes les mains mais c’est diablement réussi et original ! L’approche est très cinématographique. On retrouve notamment des fausses pubs et des fausses jaquettes de VHS. Mention spéciale pour le dessin de Jef qui est vraiment exceptionnel. Seul regret : il faudra patienter pour connaître la suite de ce diptyque vraiment très original et intriguant. Mais bonne nouvelle, le tome 2 arrivera déjà en mai !

« Gun Crazy – t.01 », de Steve D et Jef, éditions Glénat, 120 pages, 19,5 €

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Une vie en 78 pages

« Anatole(s) » de James repose sur un concept bien particulier. En 78 pages, le dessinateur et scénariste français retrace toute la vie d’un homme, de sa naissance à sa mort, de ses 1 an à ses 78 ans. Le concept est aussi simple qu’efficace : une page est synonyme d’une année de vie, ou plutôt d’un événement arrivé à Anatole à cette période de la vie. L’album est paru chez Fluide Glacial, ne vous attendez donc pas à une biographie lourde et pompeuse. A travers la vie d’Anatole, James décortique avec humour l’existence d’un homme lambda. Il estime d’ailleurs qu’un Anatole sommeille en chacun de nous, c’est la raison pour laquelle il a ajouté un « s » dans le titre. Et c’est vrai qu’en seulement six cases, James arrive souvent à viser juste et à faire mouche. Entre tendresse et réflexion bien caustique sur la vie, c’est un vrai plaisir de plonger dans la vie ordinaire de cet Anatole.

« Anatole(s) », de James, éditions Fluide Glacial, 80 pages, 12,90 €   

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