Les bourgmestres évoquent leur « malaise » et ne chasseront pas tous les fraudeurs

Ph. AFP

Depuis mercredi et l’annonce d’Alexander De Croo du report de la réouverture des terrasses, la situation est particulièrement tendue avec les bourgmestres partout dans le pays. Certains indiquent qu’ils ne mèneront pas à une chasse aux sorcières le 1er mai et critiquent la communication des autorités fédérales.

Le comité de concertation a rendu son verdict mercredi: la date du 1er mai n’est plus d’actualité pour la réouverture de l’horeca et il faudra attendre une semaine de plus pour s’y retrouver. Alexander De Croo a notamment justifié ce report par le fait que ce délai permettrait de vacciner 500.000 personnes fragiles de plus en une semaine.

Mais cette décision est loin de faire l’unanimité au niveau local, et les bourgmestres ne respecteront pas tous les consignes données par le gouvernement. En effet, un coup de sonde de nos confrères de SudPresse auprès de 70 bourgmestres révèle que 2 sur 10 n’interviendront pas si des terrasses sont ouvertes le 1er mai.

Parmi eux, le bourgmestre d’Ecaussinnes Xavier Dupont explique: « Pour être clair, le 1er mai, je ne ferai rien sauf s’il y a des débordements ou des grands rassemblements de foule. » Même son de cloche du côté du bourgmestre de Bernissart, Roger Vanderstraeten, qui confirme lui aussi son soutien « parce que je suis totalement contre le fait qu’on autorise les voyages non essentiels alors que l’Horeca est à l’arrêt depuis des mois ».

Une communication problématique

Maxime Daye, bourgmestre de Braine-le-Comte, et président de l’Union des villes et communes de Wallonie était l’invité de Bel RTL ce vendredi matin et il en a profité pour faire part de son malaise par rapport à cette mesure: « Les bourgmestres sont des personnes qui sont au plus proche de la population, des secteurs : horeca, culture, évènementiel, le sport, etc. On se rend compte que les gens en ont le ras-le-bol. On doit être des ambassadeurs du bas vers le haut. Pour l’instant, on a fait de la communication du haut vers le bas, sans avoir notre mot à dire. Nous aussi on doit pouvoir dire en haut vers le Premier ministre, vers le ministre Fédéral de la Santé qu’il y a un ras-le-bol. Il faut l’entendre. »

Il déplore un manque de concertation: « On a très peu de concertation avec le niveau Fédéral. On en avec la fédération Wallonie-Bruxelles, les gouvernements régionaux, mais avec le Fédéral très peu. Au final, c’est le Fédéral qui impose les choses. »

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