VIDEO. Les sherpas népalais profitent de l’absence des touristes pour nettoyer l’Everest

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En l’absence des touristes, les alpinistes népalais sont parvenus à récolter 2,2 tonnes de déchets du mont Everest. Cette initiative, lancée par Bally Peak Outlook en 2019, a profité de la crise sanitaire mondiale pour avoir un impact immense sur ce lieu mythique.

C’est une association peu probable entre la maison de mode de luxe suisse Bally et quelques sherpas népalais qui est à l’origine de cette initiative écologique. Le projet commun, Bally Peak Outlook, souhaite débarrasser les lieux les plus extrêmes et fréquentés de la planète de leurs déchets.

Lancée en mai 2019, cette initiative est notamment passée par l’Everest, qui a été nettoyé sur tout le long de son ascension, jusqu’au sommet. Dans un premier temps, les sherpas ont récoltés plus d’une tonne de déchets. Un mois plus tard, à la fin de la saison des ascensions, ils ont collecté une autre tonne aux alentours des camps de base.

L’Everest « sale »

« L’Everest est envahi, et c’est sale, en particulier à haute altitude où il n’y a pas de système généralisé pour se débarrasser des bouteilles d’oxygène vides, des tentes abandonnées et des déchets humains qui se sont fortement accumulés au fur et à mesure du temps », explique le journaliste du Telegraph Alex Preston.

Le nettoyage suivant devait avoir lieu début 2020, mais il a été reporté à septembre 2020 à cause de la crise mondiale du coronavirus. L’équipe a alors entrepris de nettoyer les huit plus hautes montagnes du Népal, au-delà des 8.000m d’altitude. Durant 47 jours, ce groupe emmené par l’alpiniste Dawa Steven a récolté 2,2 tonnes de déchets, du Cho Oyu, de l’Everest, du Lhotse et du Makalu.

Dirigée par le militant écologiste et alpiniste Dawa Steven, l’équipe a voyagé d’ouest en est, retirant environ 2,2 tonnes de déchets du Cho Oyu, de l’Everest, du Lhotse et du Makalu. Pour ce faire, les personnes impliquées dans cette opération de grande envergure ont dû gravir deux montagnes (Baruntse et Mera Peak) et traversé quatre cols alpins glaciaires. Il faut saluer cet engagement total de la part des locaux, désireux de garder leur patrimoine naturel propre.

« Pas un accident »

Le chef de cette opération a déclaré: « L’empreinte humaine sur la nature est très forte. Les bouteilles de vodka que nous avons trouvées n’étaient pas tombées par accident, mais avaient été enterrées intentionnellement dans un trou de la montagne. La nature est dotée d’une capacité de résilience incroyable. Lors du 34ème jour de notre expédition, entre l’Everest et le Makalu, nous avons marché là où personne n’était passé depuis plus d’un an et nous nous sommes perdus. Le chemin avait changé. C’était comme si la nature nous rappelait qu’il ne suffit que d’un an pour effacer les traces de l’Homme. En retrouvant la nature, sans touristes autour de nous, nous avons eu l’impression de faire un pèlerinage. C’était la nature dans son état le plus pur.

Prochain objectif: la fin de la saison d’escalade de 2021. L’équipe procédera au nettoyage des camps de base du Kanchenjunga, du Dhaulagiri, du Manaslu et de l’Annapurna.

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