« One Health » : lier les santés humaine, animale et environnementale pour éviter d’autres épidémies

AFP / I. Kasamani

Comment prévenir les futures pandémies ? Une partie de la solution pourrait se trouver dans le concept « One Health ». Porté par un nombre croissant de chercheurs et d’instituts, il invite à penser les santés humaine, animale et celle des écosystèmes comme étant intrinsèquement liées.

Le coronavirus l’a une nouvelle fois démontré : la santé humaine et la santé animale sont étroitement liées entre elles. Elles sont aussi indissociables des écosystèmes dans lequel êtres humains et animaux évoluent.

Êtres humains, animaux et environnement : ces trois éléments interagissent en continu et influencent la santé des uns et des autres. Cette interdépendance est à la base du concept « One health » (ou « Une seule santé »), une approche notamment portée par Sciensano, l’institut belge de Santé publique.

Les zoonoses en forte recrudescence

« La crise du COVID-19 démontre une fois de plus l’importance d’une approche multidisciplinaire ‘One Health’ de la santé », pointe Sciensano. « La crise a très probablement commencé par la transmission d’un coronavirus d’une source animale à l’homme (transmission zoonotique). Il est donc important de capter rapidement les signes de contamination entre l’animal et l’homme. » 

Comprendre, prévenir et contrôler ces zoonoses devient d’autant plus urgent qu’elles sont en forte recrudescence depuis un siècle. À l’heure actuelle, 75 % des maladies infectieuses émergentes franchissent la barrière des espèces et sont transmises aux humains par des animaux. Ebola, la grippe, le SRAS, le virus Zika, et bien sûr, le SARS-CoV-2 : toutes ces nouvelles maladies ont une origine animale. Chaque année, souligne l’ONU, deux millions de personnes meurent de zoonoses négligées.

Indissociable de notre environnement

En outre, cette propagation de l’animal aux populations humaines a été intensifiée par les pressions exercées par l’homme sur son environnement. Déforestation, urbanisation, exploitation des ressources et pratiques agricoles non durables, augmentation des transports, bouleversements climatiques, … Toutes ces tendances perturbent les écosystèmes et contraignent les espèces animales à se déplacer. Conséquence : les contacts avec les êtres humains augmentent, tout comme la transmission de zoonoses. Et dans un monde ultra-globalisé, il ne suffit que de quelques semaines pour que la maladie se repende comme une trainée de poudre à travers la planète.

« La science est claire : si nous continuons à exploiter la faune et à détruire nos écosystèmes, nous pouvons nous attendre à voir un flux constant de ces maladies passer des animaux aux humains dans les années à venir », avertissait en août Inger Andersen, directrice du PNUE [Programme des Nations Unies pour l’environnement]. « Pour prévenir de futures épidémies, nous devons devenir beaucoup plus conscients de la protection de notre environnement naturel ».

Pour faire face aux défis de santé du 21° siècle, « One Health » invite donc les chercheurs à booster la coopération transdisciplinaire et à combiner les angles de recherches. Analyser les questions de santé en dépassant les frontières disciplinaires permet ainsi de penser LA santé comme un tout, pour une meilleure santé de tous.

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