Certains cosmétiques pourraient accroître le risque d’endométriose

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Certaines substances présentes dans les cosmétiques et produits de beauté pourraient être responsables d’un risque accru d’endométriose. Des chercheurs espagnols tirent la sonnette d’alarme, et appellent à mettre en place des mesures préventives visant à réduire l’exposition du public à ces composés.

Maladie chronique pouvant se révéler invalidante, l’endométriose se caractérise par « la présence en dehors de la cavité utérine de tissu semblable à la muqueuse utérine qui subira, lors de chacun des cycles menstruels ultérieurs, l’influence des modifications hormonales », indique l’association EndoFrance. Touchant une femme sur dix en âge de procréer, la maladie est le plus souvent responsable de douleurs chroniques, mais aussi dans certains cas d’infertilité.

Une équipe de chercheurs de l’université de Grenade et de l’hôpital San Cecilio de Grenade s’est penchée sur le rôle des hormones dans le développement de l’endométriose, et plus précisément encore sur la question des perturbateurs endocriniens, des substances capables de mimer ou de bloquer l’action naturelle des hormones.

« Si les causes exactes de [l’]apparition [de l’endométriose] ne sont pas connues avec exactitude, un large éventail de facteurs sont soupçonnés d’être impliqués, parmi lesquels des causes génétiques, épigénétiques et environnementales, où les hormones semblent jouer un rôle clé », explique la gynécologue Olga Ocón, l’une des principales auteures de l’étude.

Des perturbateurs endocriniens dans certains cosmétiques

Les scientifiques ont cherché à mesurer les niveaux internes de parabènes et de benzophénones, deux substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, chez 124 femmes souffrant ou non d’endométriose, recrutées via les hôpitaux publics de la ville de Grenade, et ont collecté des informations sur l’utilisation des cosmétiques et des produits de beauté de chacune de ces femmes.

Verdict, l’étude révèle un lien entre l’usage de certains cosmétiques comme les rouges à lèvres, les crèmes pour le visage, les laques, ou encore les colorations capillaires, et des niveaux internes élevés de parabènes et de benzophénones. Les chercheurs ajoutent avoir également observé une association entre les niveaux élevés de certains de ces perturbateurs endocriniens et un risque d’endométriose. L’usage de certains cosmétiques – pas tous, précisons-le – aurait pu contribuer à la hausse des cas d’endométriose détectés au cours des dernières années.

Partant du principe qu’il reste aujourd’hui difficile d’établir un diagnostic d’endométriose, les chercheurs alertent sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures préventives destinées à réduire l’exposition à ces différentes substances. Il serait notamment question de se tourner vers des produits de beauté sans aucun perturbateur endocrinien.

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