Condamné car il refusait de faire les tâches ménagères, il doit 60.000€ à son ex-femme

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C’est une première européenne : un Portugais a été condamné par la Cour de Cassation à verser plus de 60.000€ à son ex-femme. Le motif ? Monsieur n’a jamais effectué la moindre tâche domestique durant leurs trente années de vie commune.

En janvier dernier, le Supremo Tribunal de Justiça (STJ), la plus haute juridiction portugaise, a condamné un père de famille a verser la somme de 60.782€ à son ex-femme, au titre des tâches domestiques qu’elle avait réalisées tout au long de leurs trente ans de mariage.

Un « travail invisible »

Courses, ménage, repas, éducation et soins des enfants… Son épouse prenait tout en charge. « Le travail domestique, bien qu’il reste étrangement invisible pour beaucoup, a évidemment une valeur économique et se traduit par un enrichissement sous forme d’économies sur les dépenses », précise le tribunal dans son arrêté cité par Mediapart. Libéré de ces tâches domestiques, le mari a donc pu « s’enrichir ». Parallèlement, « lorsque le travail domestique est réalisé exclusivement ou principalement à l’un des membres du couple, et ce sans compensation, il en résulte un appauvrissement réel de cette personne », précise le tribunal. En l’occurrence, un appauvrissement de la mère de famille.

Au moment de leur séparation, le déséquilibre économique des époux était donc immense. Le STJ, équivalent de notre Cour de Cassation, a donc décidé de réparer cette injustice. Pour fixer le montant du dédommagement, la Cour s’est basée sur le salaire minimum national, multiplié par 12 mois et par 30 ans de mariage. Un tiers de ce montant a ensuite été déduit, correspondant aux dépenses personnelles de l’épouse. 

Une nouvelle jurisprudence ?

Cette décision n’est pas sans rappeler deux jugements similaires : l’un rendu en Chine en février dernier, l’autre en Argentine en 2019.

Cette condamnation, inédite au Portugal comme en Europe, va-t-elle faire jurisprudence ? Quoiqu’il en soit, espérons au moins qu’elle incite à s’interroger sur la répartition des tâches au sein du couple et à œuvrer pour qu’elle soit plus équitable.

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