Bivouac sauvage ou camping pratique ?

Ph. Camille Van Puymbroeck

Le bivouac ou camping sauvage est un concept peu reconnu dans notre pays. Les fervents voyageurs le regrettent plus que probablement, car le phénomène offre pas mal d’avantages. Au cours des randonnées pédestres de plusieurs jours il n’y a en effet rien de plus pratique – ou de meilleur pour le portemonnaie – que de planter sa tente là où on veut. Bien que les choses soient un peu plus compliquées en Belgique, il est aussi possible chez nous, moyennant un minimum de préparation, de passer gratuitement la nuit en pleine nature. Explication.

De nombreux campings n’avalisent pas l’idée de passer la nuit gratuitement dans leurs installations. Toutefois, sur bivakzone.be, vous trouvez un aperçu de tous les endroits en Wallonie et en Flandre où vous pouvez passer la nuit gratuitement sous votre propre tente. Cela a l’air tentant, mais il y a des règles à respecter. C’est ainsi que dans de nombreux endroits on ne peut occuper le bivouac qu’entre 16 h et 10 h, ailleurs c’est une durée maximum de 48 heures qui s’applique. En outre, le confort est minimal et vous devez vous-même nettoyer votre emplacement. De plus, vous ne pouvez y accéder qu’à pied, à vélo ou à cheval – les véhicules à moteur sont interdits.

Nous voulions essayer au moins une fois dans notre vie le bivouac dans notre propre pays. Nous sommes donc partis bottines de marche aux pieds et sac au dos. Nous avons visité l’emplacement de camping Les Tailles dans la région de Houffalize. Soyons honnêtes: le concept est formidable mais ce sont les campeurs eux-mêmes qui nous ont gâché notre plaisir!

Les Tailles

Un rapide coup d’œil sur la carte nous apprend d’emblée que la zone de bivouac Les Tailles pourrait bien être beaucoup moins isolée qu’espéré. Elle se situe bien sur un magnifique itinéraire de randonnée, mais est aussi voisine d’une route qu’on peut parfaitement emprunter en voiture. Pendant les 10 kilomètres qui mènent au bivouac, je chéris l’espoir obstiné que l’endroit sera aussi beau que dans mon imagination. Un jour de pluie, il n’y a pas âme qui vive… Sur papier, nous devrions être seuls aux Tailles. À notre arrivée, une première déception nous attend: il y a d’autres campeurs, qui se sont appropriés le meilleur emplacement. Une petite parcelle de terrain sous les feuillus, ce n’est pas si grave, et un beau feu de bois apporte la chaleur et l’ambiance de mise.

Il arrête lentement mais sûrement de pleuvoir – hourra – mais soudain d’autres amateurs de la nature pointent leur nez. Ceux-ci prennent leurs aises avec les règles et débarquent en masse avec leurs autos, leurs caissettes de supermarché orange débordant de nourriture et leur musique. J’avoue, leurs brochettes fraîches sont bien plus attirantes que nos nouilles lyophilisées, mais nous nous en tenons à nos principes. Le vacarme des autres bivouaqueurs s’éteint en même temps que leur feu de bois et nous rêvons toujours de passer une nuit calme. Mais à 23 h je dois y renoncer: deux débiles absolus viennent de débarquer, décident de couper du bois pendant une petite demi-heure pour leur barbecue et ensuite rejoignent leur tente de façon pas trop subtile. Pour le calme idyllique, on repassera! Au matin, tout en savourant notre porridge à l’avoine maison, nous arrivons toutefois à en rire. L’expérience a été amusante malgré tout, et elle nous a appris une chose: la prochaine fois, nous nous éloignerons bien davantage du monde habité.

Conseils pour faire du camping sauvage

Vous avez envie d’essayer la variante belge du camping sauvage? Voici quelques conseils qui peuvent vous aider à en faire une chouette expérience.

Le tout est que vous arriviez à pied, à vélo ou à cheval et cela signifie donc qu’une randonnée précède votre aventure sous tente. Bien entendu, vous pouvez faire appel à l’office du tourisme de la commune où vous allez passer la nuit, mais cela inclut souvent que vous ne serez pas les seuls sur place. Pour une rando plus solitaire, il est dès lors conseillé de consulter une carte détaillée et de planifier votre propre itinéraire – le risque de tomber sur une autoroute de randonnée est quand même plus réduit. Pour vous procurer des cartes, allez dans une bonne librairie, à l’office du tourisme ou utilisez une app comme MapOut. L’avantage de la carte numérique est que vous pouvez établir facilement vous-même à l’avance votre itinéraire de randonnée et que vous savez combien précisément vous avez parcouru de kilomètres. C’est pratique pour les personnes qui n’ont pas le sens de l’orientation: vous voyez où vous êtes.

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Pour que l’expérience soit la plus agréable possible pour vous, veillez à disposer d’un bon équipement. Cela commence par de bonnes chaussures, mais n’oubliez pas non plus d’emporter une bonne tente, un matelas confortable, du papier de toilette et de la vaisselle. Bivouaquer signifie en effet que vous préparez votre repas et pour ce faire vous avez besoin de plus de choses que vous ne le penseriez à première vue. Des casseroles au réchaud à gaz en passant par le filtre à eau: faites des recherches à l’avance et emballez le tout soigneusement dans votre sac à dos.

Enfin, ayez bien conscience que vous n’allez pas dans un camping. Beaucoup de bivouaqueurs recherchent un peu de calme bien mérité et veulent dès lors profiter de la nature. Respectez les gens et la faune autour de vous et ne faites pas trop de bruit. Emportez vos déchets quand vous partez et laissez le bivouac dans un état impeccable. Vous n’êtes pas vraiment fan de la pleine nature et vous avez besoin d’un peu plus de divertissement, il vaut mieux dans ce cas louer un emplacement dans un camping traditionnel.