Ruée sur les autotests dans les supermarchés allemands, quand arriveront-ils en Belgique ?

AFP / L. Kuegeler

La chaîne de supermarchés allemande Aldi a commencé vendredi à vendre, en Allemagne, des tests rapides de détection du coronavirus. Selon le journal Der Westen, ces tests partent comme des petits pains. Chaque client n’est autorisé à acheter qu’une seule boite de tests. Malgré cette restriction, le stock a rapidement été épuisé.

Le prix pour une boite contenant cinq bandelettes de tests antigéniques rapides s’élève à 25 €. Il faut une quinzaine de minutes pour que s’affiche un résultat, dont la fiabilité est estimée à 96%.

D’autres supermarchés devraient mettre ces tests en vente prochainement. Les pharmacies et les drogueries devraient suivre.

Et en Belgique ?

Lors de la conférence de presse ce vendredi, à l’issue du comité de concertation, le Premier ministre Alexander de Croo évoquait une « utilisation massive de tests rapides et d’autotests » dans les mois à venir. Ajouté à la vaccination, cela permettrait selon les autorités d’autoriser davantage de contacts tant à l’intérieur qu’à l’extérieur à partir du mois de mai.

Pour l’heure, la Belgique est loin d’être opérationnelle en la matière. Les autotests rapides ne peuvent être vendus qu’à des professionnels et ne sont donc pas disponibles par exemple dans les pharmacies et les supermarchés. C’est d’ailleurs ce que déplorait hier à la Chambre Herman Goossens, le président de la « task force » testing.

« Un enfant est capable de se tester lui-même »

Selon lui, la loi votée le 22 décembre dernier organisant le testing en Belgique est un bon texte, qui permet d’éviter l’anarchie. Elle est toutefois, à ses yeux, trop stricte. « La loi interdit les auto-tests. Dans mon laboratoire (à Anvers, ndlr), on peut analyser 7.000 tests par jour. Mais il faut prélever ! D’où l’importance de l’auto-prélèvement. » Il a à ce titre appelé à lever les « corporatismes ». « En Autriche, les enfants se testent eux-mêmes !  Mon petit-enfant de 9 ans est tout à fait capable d’utiliser un écouvillon ! »

Pour l’instant, «aucun autotest antigénique rapide n’est approuvé sur le marché européen», renchérit ce samedi Ann Eekchout, porte-parole de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé. L’AFMPS se dit en attente de davantage de clarté sur ces tests rapides et demande un cadre juridique pour la vente des autotests à la population.

Malgré l’annonce du Premier ministre et les multiples appels en faveur des autotests, aucune date n’a encore été évoquée pour la levée de leur interdiction en Belgique. On peut toutefois supposer qu’elle interviendra dans les semaines à venir.

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Des bonnes démarches mais pas assez de tests

Plus globalement, Herman Goossens, regrette le fait que les capacités de tests PCR ne sont à ses yeux pas suffisamment utilisées. « Les huit laboratoires universitaires sont rémunérés par l’Inami pour assurer 2.000 tests par jour. En janvier, on l’a fait, et nous étions les numéros 1. En février, on était à 1.400 tests par jour en moyenne. Ça suit partout sauf à Liège où l’on ne traite que 100 à 200 tests », a-t-il pointé. Herman Goossens s’est aussi demandé pourquoi le système des « testbus » (des bus se rendant sur le terrain) n’était pas davantage développé.

Le « monsieur test » du commissariat corona s’est en outre interrogé sur la non-utilisation des tests antigènes. « 1,2 million de ces tests rapides ont été achetés et seuls 15.000 ont été utilisés ! Bruxelles en a acheté 100.000. Ils trainent dans une cave ! Dans les écoles, 716 tests rapides ont été réalisés et dans les entreprises… 16 ! Alors que l’on sait que certaines sociétés en ont acheté. »

Herman Goossens a encore déploré la non-généralisation de certains projets-pilotes concernant les tests rapides antigènes dont les résultats s’étaient révélés probants. « A Courtrai, on a testé de cette manière les visiteurs des maisons de repos et les résidents. Excellente démarche, mais on ne généralise pas ! On teste les sans-abri à Bruxelles, cela donne de très bons résultats et on ne généralise pas à tout le pays ! », a-t-il déploré.

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